La vérité a pouvoir sur l’Eglise

Si nous suivons le Christ dans son chemin, alors Jésus nous permet de reconnaitre la Vérité, mais aussi d’être délivrés de notre mensonge. En effet, voici dans la bouche de Pierre d’étonnantes paroles :« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Jésus reconnaît en elles la voix du Père des cieux. « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » Et pourtant, cette révélation du Père nous demeure obscure, alors même que nos lèvres l’expriment avec Pierre.

 

Quand le Christ nous annonce sa Passion, avec Pierre nous nous opposons et nous nous dérobons, nous nous divisons et nous nous déchirons. « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ». Jésus, dans ces paroles, identifie son épreuve et le Tentateur. « Arrière de moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, elles sont celles des hommes. »

 

Seul le Christ qui nous précède, notre Maître et notre Seigneur, peut savoir et reconnaître quel esprit nous habite et qui parle par notre bouche, le Père des Cieux ou le Tentateur. Seul le Christ peut se prononcer sur la vérité de notre parole à son sujet. Car il est non seulement le chemin, mais Il est notre vérité, la vérité de l’Eglise. Non pas la vérité dont l’Eglise serait maîtresse ou propriétaire. Car ce n’est pas l’Eglise, qui a pouvoir sur la vérité. Mais c’est la Vérité qui a pouvoir sur l’Eglise, Vérité concrète et historique, le Verbe éternel fait chair qui vient demeurer parmi nous et se donne à l’Eglise.

 

Il est la Vérité qui était avant nous et qui marche au-devant de nous. Il veut nous faire la grâce de dire la Parole que le Père nous inspire en nous donnant son Esprit. Il veut nous faire la grâce d’être délivrés de notre mensonge, de notre tentation, de sa tentation lorsqu’il nous invite à le suivre. Oui, la vérité en nous fait son œuvre. Qui se laisse saisir par la Vérité, vient à la lumière. Et il devient libre. Et c’est pourquoi, Eglise du Christ, nous lui disons : « tu es le Fils du Dieu vivant !».

Homélie de Monseigneur Lustiger pour son installation

27 février 1981

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