L’universel et le particulier

Editorial du père Jacques Ollier dans la feuille d’informations de la paroisse Saint-Pierre de Chaillot

Aujourd’hui, on nous vend de l’universel à longueur de temps, à longueurs d’ondes. La mondialisation est là. Les biens, les personnes, les informations, les flux financiers circulent à une vitesse jamais atteinte auparavant, en des quantités inouïes.
Pour parvenir à cet universel, il faut abolir toutes les frontières, les limites, les droits particuliers et fonder dans un droit universel, un unique, immense et absolu espace, sans régulation autre que ses propres mécanismes (la fameuse main invisible dont la théorie n’a jamais été véritablement unifiée, voire vérifiée). On voudrait des hommes et des femmes sans limite, donc indistincts, des enfants sans parents issus de couveuses, des clones du même. Une société en miroir. Babel. Être Dieu.
L’universel est pourtant au coeur du catholicisme. Kath olov, signifie, « selon la totalité ». L’église est universelle, en sa géographie, mais avant tout par l’universalité des moyens que Dieu lui a donné en son Fils Jésus pour que tous les hommes aient accès au salut : par le don de l’Esprit Saint, par l’appartenance à Elle, l’Eglise, par les sacrements, les Ecritures saintes, les saints et saintes, les pasteurs, les fidèles témoins de Dieu.
Mais comment parvient-on à cette universalité catholique ? Dans et à travers le particulier. Il faut entrer dans une alliance, substituer la production des briques à la fécondité de l’alliance, car pour être fécond il faut être deux.
C’est vrai de façon générale. On atteint à l’universel en étant ancré dans des relation à nous permises par une famille, une culture, une langue, un héritage, un avenir.
Nous chrétiens, atteignons à l’universel par une relation avec un être historique, qui est né de Marie de Nazareth, a souffert, est mort sous Ponce Pilate, est ressuscité et a été vu par plus de 500 témoins (Première Lettre aux Corinthiens, 15,6). Cette relation avec un être unique et particulier, nous permet d’atteindre à l’universel.
Voilà ce qu’Il annonce aujourd’hui, dans la synagogue de Nazareth. Il en fait les frais, car cette relation avec le Messie attendu et annoncé par le prophète Isaïe, n’est pas réservée à quelques-uns mais à tous. C’est pourquoi on veut le tuer. Saint Luc se montre bien ici le disciple de saint Paul : « vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. » (Lettre aux Galates 3, 27-29). Nous entrons dans l’Alliance nouvelle et éternelle en chaque eucharistie. Alliance avec Dieu, alliance avec les hommes, pour entrer dans les épanouissements de la fécondité à laquelle nous appelle Dieu, Lui qui nous a créés à son image et à sa ressemblance.

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