Celui qui vit dans l’amour de Dieu, c’est celui qui vit des commandements de Dieu

Apprenons à entrer dans l’amour de Dieu

Je commenterai en ce dimanche la deuxième lecture que nous venons d’entendre la lecture de la Première lettre de saint Jean.

Tout d’abord une petite introduction sur ce que je vais vous dire. Le grand auteur Paul Valéry disait qu’avec la venue de Notre Seigneur Jésus Christ, c’était la première fois que l’on allait mettre le mot amour en lien avec le mot Dieu. C’est donc une véritable transformation très profonde qui s’opère avec la venue de Notre Seigneur.

Vous le savez sans doute également il n’y a pas plus ambivalent que le mot amour. Dans la tradition biblique, il y a trois assertions pour le mot amour. La première assertion la moins évidente et la moins fréquente est l’Eros. Il y a également une deuxième assertion : la philia, qui a donné la philanthropie qui est l’amitié. La troisième assertion est l’agapé. C’est l’amour de Dieu envers les hommes. L’amour dans sa plus grande manifestation, celui que Notre Seigneur Jésus Christ porte envers son Eglise. Vous voyez donc que ce mot est ambivalent. C’est un mot que l’on utilise beaucoup dans la prédication moderne, presque trop parfois.

Vivre dans l’amour de Dieu, c’est vivre selon ses commandements

Il nous faut donc parler de ce thème évidemment, car cet amour avec ses assertions surtout les deux dernières que je viens d’évoquer, fait partie à plein de la morale catholique et de ce que l’on appelle les commandements. Vous n’êtes pas sans savoir non plus que dès que l’apôtre saint Jean parle de l’amour, il dit toujours les commandements. Pour saint Jean, celui qui vit dans l’amour de Dieu, c’est celui qui vit des commandements de Dieu.

Donc déjà ici nous avons une très ancienne discussion qui a commencé avec la Réforme protestante. Vous savez que les protestants pensent qu’au moment du péché originel, l’homme a tellement été atteint dans sa profondeur, qu’il n’est plus capable de vivre selon les commandements de Dieu. Or le concile de Trente l’a rappelé par la suite dans quelques sessions, en disant qu’il est tout à fait certain, – d’ailleurs ici nous l’avons dans l’épître de saint Jean – que les chrétiens, les catholiques sont appelés à vivre selon les commandements de Dieu.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Voilà une application très concrète et très importante de ce que l’on appelle la charité, l’amour de charité. Nous devons toujours être les Témoins de cette grande nouveauté que Notre Seigneur Jésus Christ nous a donc donnée. Nouveauté qu’est la relation profonde de fraternité, de profonde charité que nous devons avoir vis-à-vis de notre prochain. C’est quelque chose de particulièrement nouveau dont nous devons rendre témoignage. Ici l’apôtre saint Jean nous dit justement qu’il ne faut pas de discours, pas de paroles. L’amour et la charité sont concrets ; ils se réalisent concrètement dans la vie de l’Eglise, dans la vie chrétienne.

Ainsi parmi les plus grands saints que l’Eglise compte, pensons à saint Vincent de Paul qui fût un être rayonnant de cette charité divine. Tant et si bien qu’il a touché à tout ; il a eu l’inventivité de l’amour en tout. Il s’est intéressé aux enfants perdus, aux galériens, à la pauvreté qui régnait à son époque et voilà « le grand saint du Grand Siècle ! » : saint Vincent de Paul.

 Amour et charité

Nous aussi, à notre niveau, évidemment il ne s’agit pas de rivaliser avec saint Vincent de Paul, mais nous devons avoir en conscience justement l’aspect très concret de cette charité, de ce commandement de l’amour auquel Dieu nous appelle.

J’ai entendu dernièrement une petite causerie d’un prêtre parisien, l’abbé Duloisy, qui est l’exorciste du diocèse. J’ai été très frappé de ce qu’il disait dans ce témoignage d’exorciste. On lui a posé la question suivante : « qu’est-ce qui est le plus dangereux pour une âme chrétienne, quelle est la faute qui permet à l’esprit malin de s’introduire ici ou là ».  Sa réponse est qu’il ne faut jamais s’endormir sur un litige, sur « un coup de canif » donné à la charité. Il dit également que la chose la plus grave qui puisse arriver, c’est d’avoir de la haine dans son cœur vis-à-vis de notre prochain. Nous savons, hélas, combien d’histoires de famille, combien de vieilles rivalités entre telle ou telle personne peuvent être entretenues pendant des générations sans même que l’on se souvienne de l’origine de la dispute. Nous avons une obligation morale selon ce que saint Jean nous dit, d’apaiser notre cœur vis-à-vis de ceux envers lesquels nous avons quelques contentieux. C’est important. C’est la démarche dans laquelle notre Seigneur nous encourage à entrer :  essayer de ne pas s’endormir sur des querelles qui pourraient entraîner dans notre cœur la discorde. La discorde, le mot est bien trouvé, le cœur n’est plus uni, il y a deux cœurs à travers un seul.

Nous devons avoir toujours à l’esprit de faire de notre mieux pour notre prochain. Souvenons-nous également et pour cela, relisons les Pères de l’Église que la charité très concrète, ne serait-ce que l’aumône tout simplement vis-à-vis de pauvres que nous pouvons voir ici ou là, des engagements très généreux que nous pouvons donner à la paroisse, par exemple avec notre entraide qui me parait un lieu tout à fait favorable pour obéir à ce beau commandement de l’amour.

Chers amis, le programme est large et généreux et il nous faut à notre tour suivre cette exhortation de l’apôtre saint Jean. Apprendre à entrer dans l’amour de Dieu, pas après pas et en rayant totalement ce mot de haine, de rancune de notre cœur. Si nous avons de la haine dans notre cœur allons-nous en confesser et demandons au Seigneur de nous en délivrer.

Amen.

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