La fin des temps

Bien chers frères et sœurs dans le Christ, chaque année quand s’approche la fin de l’année liturgique, la liturgie du 33 ème dimanche nous propose de méditer sur la fin des  temps. Malachie nous parle  du “ jour du Seigneur”.

 

Le Christ Jésus, à la fin de son ministère terrestre, termine sa prédication par un long discours eschatologique qui implique son retour glorieux, que  nous confessons dans le credo de Nicée-Constantinople : “Il reviendra à la fin des temps pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin”.

Ce retour glorieux nourrit notre espérance et renforce notre foi. Oui il reviendra à la fin des temps, lui qui est là, présent parmi nous, et se donne à nous dans sa Parole et le mystère de l’Eucharistie que nous célébrons.

Cette fin des temps, c’est ce que préfigure la destruction de ce majestueux temple de Jérusalem dont nous parle le Seigneur dans l’Évangile : “Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit”.

Loin de se mêler aux concerts d’admiration de ses disciples, loin de se laisser aller à la “fausse sécurité” de l’ensemble de l’humanité qui s’imagine toujours que les choses dureront éternellement, Jésus annonce plutôt la fragilité et la caducité des œuvres humaines quelle que soit leur beauté, tout sera détruit.

Tout passe, seul Dieu demeure éternel. Lui, “l’au-delà de tout”, comme le dit saint Grégoire de Nazianze. N’est pas ce que l’on peut chanter : “ô Toi, l’au-delà de tout” ?

Il serait intéressant, frères et sœurs, de temps en temps de se rappeler  cette réalité :  méditer sur notre fragilité, le caractère éphémère de la vie ; savoir regarder en face cette réalité  de notre lente et inexorable marche vers notre fin, ici-bas sur Terre.

Une fin de vie qui nous ouvre sur la rencontre avec notre Créateur qui nous attend tous un beau jour, “sur le seuil de sa maison”.

Nous devons, frères et sœurs, nous préparer à cette rencontre inévitable. Mais comme les disciples, nous semblons beaucoup plus intéressés par les détails : le jour et l’heure. “Maître, quand cela arrivera-t-il ?”Jésus ne satisfait pas leur demande. Plutôt que de les situer dans le temps, il en profite pour leur donner un conseil, une exhortation : “Prenez garde de ne pas vous laisser égarer car beaucoup viendront sous mon nom en disant ; “c’est moi” ou encore” le moment est tout proche”. Ne marchez pas derrière eux”. Le Christ nous prévient donc contre ces faux prophètes, vendeurs d’illusions qui prétendent détenir la clé de tout.

Combien de fois n’avons-nous pas été déçus par ces faux messies qui viennent berner tout un peuple, en promettant ciel et terre, en disant “c’est moi, je suis l’homme de la situation”. Que des belles paroles.

Il est bien question ici de ces faux pasteurs usurpateurs avec des prédictions même sur la fin des temps. Jésus nous invite à la vigilance, “ne marchez  pas derrière eux, sinon vous courez à votre perte”.

 

VIGILANCE ET PERSÉVÉRANCE

Au moyen d’un langage apocalyptique bien bouleversant, Jésus vient nous inviter à la confiance et à la persévérance. “Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas”. Laissons retentir ces paroles dans nos cœurs bien bouleversés par ces conflits, ces guerres  autour de nous.

Jésus nous dit : “ne vous effrayez pas” (365 occurrences dans la Bible).

Il est tout à fait normal d’avoir peur, dans les guerres, les soulèvements,  mais ce courage, cette paix intérieure auxquels le Seigneur nous convie, n’ont  d’existence et de consistance que dans cette confiance en Lui Jésus notre Sauveur. C’est en Lui que nous trouvons force et espérance.

Jésus dit encore : “Il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin”. Effectivement ces guerres, ces catastrophes, ces épidémies ont toujours traversé notre époque, alors n’oublions pas de prier pour la paix dans le monde, nous en avons besoin.

Jésus nous rassure en disant que ce ne sera pas tout de suite la fin. C’est vite fait d’associer tous ces événements malheureux à la fin du monde, comme d’aucuns l’affirment. Il n’en n’est pas ainsi : le Christ utilise le genre littéraire apocalyptique. Ces propos ne sont donc pas à prendre au pied de la lettre.

Son message se résume à ceci : savoir garder courage et confiance, quelles que soient les épreuves que nous traversons. Telle est notre espérance,

Une espérance qui ne déçoit jamais (Rm 5,5)

 

Que cette espérance illumine notre aujourd’hui. Soyons porteurs de ce message d’espérance, nous avons un défenseur auprès du Père, lui Jésus notre Paix.

C’est lui qui nous invite à la persévérance : “c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie”. Persévérer dans l’espérance nous raffermit dans cette conviction que le malheur que nous subissons aujourd’hui n’a pas le dernier mot et qu’il est sans emprise sur nous. Il faut y croire pour le vivre.

En ce dimanche où nous commémorons la Journée mondiale des pauvres, puissions-nous aussi persévérer dans notre attention aux pauvres,  nos frères et sœurs en humanité, ceux en qui nous voyons le visage du Christ, lui qui s’est fait pauvre à cause de nous, pour nous enrichir de sa pauvreté.

 

Amen

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