La voie de l’enfance

La voie de l’enfance

 

La voie de l’enfance, le chemin de l’enfance que Jésus a annoncé dans son Évangile, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus l’a expérimenté en sa propre personne.

Voie de l’enfance et voie du christianisme, c’est tout un.

Tout chrétien, par le baptême, est devenu enfant de Dieu. Il ne fait plus qu’un avec Jésus, le Fils unique de Dieu et c’est ce que nous rappelle la chrismation – le fait que nous recevions sur notre tête au jour de notre baptême, le saint chrême, le parfum très saint qui nous fait un avec le Christ, le Fils bien-aimé de Dieu, son Enfant très cher.

La voie de l’enfance c’est la voie, le chemin privilégié pour tout chrétien, c’est le chemin du christianisme. Cette voie se caractérise par trois traits que j’énumère devant vous.

 

L’audace de l’enfance

Le premier trait qui caractérise toute enfance, et aussi l’enfance spirituelle, c’est l’audace.

Voyez sainte Thérèse de Lisieux : « Je ne suis, écrit-elle, qu’une enfant. Une enfant impuissante et faible. Cependant, poursuit-elle, c’est ma faiblesse même qui me donne l’audace de m’offrir comme une offrande à ton amour, ô Jésus. »

L’audace, c’est là un trait caractéristique de l’enfance. Pour un enfant, tous les possibles lui sont ouverts et cela fait la grâce de l’enfance. Tous les possibles sont devant un enfant, et il peut être en quelques instants tous les métiers du monde : nous en avons tous fait l’expérience auprès d’enfants. Ils n’ont pas peur d’être la totalité et de vouloir étreindre la totalité. Le monde possible des enfants est comme un ciel étoilé, une nuit du mois d’août : plus l’on regarde le ciel, plus nombreuses sont les étoiles qui apparaissent à nos yeux. Un enfant ne compte pas. Il prend le tout qui lui tend les bras.

Ainsi le monde de l’enfance et l’audace dont font preuve tous les enfants.

Cette grandeur dans l’audace, c’est la grandeur chrétienne. Le christianisme n’a pas peur de la grandeur, il est universel, il est sans frontières et lorsque nous sommes à l’autre bout du monde, en Chine, en Argentine, en Australie, ces frontières humaines disparaissent dans la communion à un même corps, le corps de Jésus, le corps du Christ ; même si je ne comprends pas la langue dans laquelle la messe est célébrée, je peux saluer mes frères chrétiens et dire avec eux la même et unique grande prière des enfants de Dieu : le Notre Père.

Ayons l’audace des enfants. Choisissons la totalité de Dieu et la totalité de notre grâce chrétienne.

La confiance de l’enfance

Le deuxième trait caractéristique de l’enfance c’est la confiance.

J’ai fait il y a quelques années une expérience assez marquante. Je suis revenu dans les lieux de mon enfance précisément lorsque j’étais puer cantor, petit chanteur à la maîtrise de Bourges. Mon père avait été nommé à Bourges et mes parents m’avaient inscrit à la maîtrise. Nous habitions à côté de la cathédrale de Bourges, le matin j’étais réveillé par les cloches de la cathédrale et j’allais chanter à la maîtrise et tous les dimanches à la grand-messe de la cathédrale. L’expérience étonnante que j’ai faite en revenant sur ces lieux presque 40 ans plus tard c’est que je n’ai absolument pas reconnu l’itinéraire qui me menait de la maison, à quelques centaines de mètres de la maîtrise jusqu’à l’école. Je me suis étonné de cette incapacité à retracer un itinéraire et puis il m’est revenu que ce sont mes parents qui m’accompagnaient à l’école, j’avais 7 ans et que je me laissais guider par eux, par la main.

Telle est la voie de la confiance dans laquelle les enfants entrent : lorsque l’on prend un enfant par la main, il se laisse conduire plein de confiance en celui qui le mène. Telle est la voie de la confiance si bien comprise par sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Voici ce qu’elle dit, je la cite : « On pourrait croire que c’est parce que je n’ai pas péché que j’ai une confiance si grande dans le Bon Dieu, mais, ajoute-t-elle, si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance. Je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte jetée dans un brasier ardent. »

Telle est notre confiance. Nous sommes dans les mains de Dieu qui nous étreint avec douceur et tendresse. Laissons-nous guider sans crainte et sans trembler, sous la conduite de Notre Père des cieux.

 

L’innocence de l’enfance

Le troisième trait de l’enfance c’est évidemment l’innocence.

Sur l’innocence les enfants, on pourrait parler beaucoup, car nous avons tous fait l’expérience de colère, de jalousie d’enfant. Mais il y a un péché qui est plus grave que la jalousie, plus grave que la colère, c’est le mal que l’on commet pour le mal. Il y a dans la conscience d’un homme, d’une femme, d’un enfant à un moment donné, l’évidence que le choix qui est fait n’a pas pour but d’obtenir quelque chose, mais que ce qui est fait n’a pour seul but que d’expérimenter sa toute-puissance, de faire le mal pour le mal. Si l’innocence caractérise l’enfance, elle ne se rencontre jamais totalement en un enfant.

L’innocence pure et simple se trouve cependant en un être, en un enfant des hommes, Jésus, qui déclare : « Qui d’entre vous me convaincra de péché ? Et c’est parce qu’il est innocent que nous recouvrons l’innocence. C’est parce qu’il est sans péché que nous pouvons être pardonnés de nos péchés.

Telle est la voie de l’enfance, qui est la voie chrétienne, notre voie et notre chemin. Et si nous nous retournons sur notre chemin de foi, ce sont les traces de l’audace, de la confiance et d’une certaine innocence recouvrée que nos yeux verront.

Demandons à Dieu en cette Eucharistie, pour nous-mêmes et pour tous ceux qui sont ici présents, pour nos familiers, pour nos amis demandons lui cette grâce d’entrer un peu plus dans la voie de l’enfance, de savoir vivre la grâce des enfants de Dieu, avec l’audace de l’enfance, dans la confiance de l’enfance, dans l’innocence du seul, unique et pur enfant de Dieu, Jésus le Christ, Notre-Seigneur.

Amen.

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