Le sacrement du mariage

Unité et indissolubilité du mariage

Bien chers frères et sœurs dans le Christ, les textes liturgiques de ce 27ème dimanche nous font méditer sur ce beau sacrement qu’est le sacrement du mariage. Le mariage comme la première vocation de la personne humaine :

Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide qui lui correspondra (Gn 2, 18)

Il est donc question du mariage, le mariage comme communauté de vie, d’amour et de partage qui malheureusement parfois connait la dure épreuve de la séparation, du divorce. Nous avons une pensée toute particulière, en cette célébration pour les couples et les familles qui traversent une situation de crise.

Cette question de la séparation, du divorce est au cœur de la discussion entre les pharisiens et le Christ Jésus dans l’Évangile.

Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?

C’est une question insidieuse posée pour mettre Jésus dans l’embarras : une question piège. Quelle que soit sa réponse, il se mettra à dos une partie de l’opinion publique. C’est une question d’autant plus étonnante de la part des pharisiens, fins connaisseurs de la loi, ils connaissent la réponse selon les écritures. « Lorsqu’un homme aura pris une femme et l’aura épousée, s’il advient qu’elle ne trouve plus grâce à ses yeux parce qu’il a trouvé en elle quelque chose de choquant, il écrira pour elle une lettre de répudiation et lui remettra en main propre et la renverra de sa maison » (Dt 24,1).

La réponse est donc claire, le divorce est tout à fait légal.

« Que vous a prescrit Moïse ? ». « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation ». Moïse, pour une grande part, n’a fait que reprendre le droit coutumier de son temps, où la polygamie, le lévirat et le divorce étaient des traditions solidement établies. Mais il y a quand même une nouveauté qui consiste en une limitation des caprices de l’arbitraire : il faut donc une procédure qui consiste à établir un acte de répudiation. On s’attendrait, vu la question, à ce que Jésus donne une réponse de type juridique mais non il invite plutôt à se reporter à l’intention originelle, première du créateur qui a fait l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance, égaux en droits et en obligations, l’un à l’égard de l’autre. « C’est donc, leur dit Jésus, en raison de votre dureté de cœur qu’Il a formulé pour vous cette règle ». A l’origine, ce n’était pas l’intention du Créateur, c’est donc une concession, à cause, dit Moïse de leur dureté de cœur. C’est quand même une belle audace de Jésus qui manifeste clairement son autorité comme dans son sermon sur la montagne. (Mt 5, 7) : « Vous avez appris qu’il a été dit et bien moi je vous dis… ». Son enseignement fait autorité. La dureté de cœur, un cœur envahi par le péché, un cœur qui se détourne de Dieu, qui ternit cette image du Dieu créateur qui nous a créés par amour et pour aimer.

Notre vocation, c’est l’amour

Vendredi dernier, nous avons fait mémoire de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui écrit dans son petit livret Histoire d’une âme où elle exalte l’amour comme notre vocation : « Ma vocation au sein de l’Eglise je l’ai trouvée, ma vocation c’est l’amour. Dans le coeur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’amour ».

Quand deux personnes se mettent ensemble dans une vie de couple, c’est cet amour qui est célébré : « Au commencement Il les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un ». L’amour qui unit l’homme et la femme les fait devenir une seule chair. En cela nous voyons une propriété essentielle du mariage : l’unité et l’indissolubilité. Se marier pour la vie.

Une unité qui a sa source en Dieu lui-même. Car c’est Dieu qui unit dans le mariage : « Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas ». Une unité qui est à l’image de ce Dieu Trinité, un seul Dieu en trois personnes unies par le lien d’amour. Le mariage est donc une union d’amour, un amour qui se veut généreux et réciproque, un amour qui n’est pas égocentrique mais plutôt ouverture et don, l’un à l’autre, un amour – qui pour reprendre les mots de saint Paul dans son Epître aux Corinthiens (1 Co 13,7) – excuse tout, croit tout, espère tout et endure tout.

Puissions-nous, frères et sœurs dans nos familles biologiques et aussi en Église comme famille de Dieu, bâtir nos relations sur cet amour qui dit Dieu et témoigne que nous sommes vraiment ses enfants : « A l’amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra comme étant mes disciples ». (Jn13, 35)

Que le Seigneur nous donne, à tous et toutes, de pouvoir accueillir Son amour à la manière des enfants, dans la plus grande confiance et dans la plus grande simplicité.

Ce dimanche, nous prions particulièrement pour tous ces enfants, ces mineurs qui ont connu et connaissent la douleur d’avoir été abusés sexuellement ; nous partageons avec eux cette souffrance, et cette douleur en les confiant au Dieu de toute miséricorde et justice.

Amen

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