« Ma Loi est légère à cause de Moi » dit le Seigneur

Frères et Sœurs que Dieu me fasse la grâce vous dire ce qu’il veut que je vous  dise et à vous d’entendre ce qu’il veut que vous entendiez en ce 14ème dimanche du temps ordinaire.

Le résumé de cette homélie est relativement simple et il pourrait s’énoncer en une phrase :

 « Ma Loi est légère à cause de Moi » dit le Seigneur.

  1. La loi comme poids.

Dans cet Evangile selon saint Mathieu, Jésus invite ceux qui l’entourent, ses disciples, ceux qui sont venus l’entendre – et ils sont nombreux, tant sa réputation le précède et l’accompagne- à trouver en lui le soulagement de leur poids. Il leur déclare : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, accablés et je vous soulagerai. »

Qu’est ce que cette fatigue et qu’est ce que cet accablement ?

C’est le poids des lois. C’est le poids des règles, des règlements. Et l’on sait que la somme des lois au fur et à mesure qu’elles sont énoncées, au fur et à mesure qu’elles pèsent sur un individu, sur une communauté finit par l’accabler.

Nous l’expérimentons dans tous les secteurs de notre vie, que ce soit en famille, que ce soit en société, que ce soit dans le domaine professionnel, ou civil, la loi, la force de loi, écrase et paralyse.

  1. « La pesanteur et la grâce »

Pour s’en défaire,  il n’y a guère que deux solutions. Soit de revendiquer une forme d’autonomie, c’est à dire : « Je suis à moi-même ma loi et je me dicte à moi-même la loi qui me suffit ».  On voit assez les limites de cette revendication d’autonomie : en particulier le fait qu’elle aboutisse à une forme de solitude qui est un des grands marqueurs de nos sociétés dites post-modernes. Cette revendication d’autonomie qui conduit à une solitude d’être se  perçoit très clairement dans un certain nombre de lois de société et en particulier aujourd’hui dans les lois de bioéthique. Si l’on regarde très attentivement -indépendamment du caractère ou non moral de ces lois -, elles sont surtout portées par une volonté d’exprimer ce que l’individu porte comme désir personnel. Que ce soit la PMA, ou que ce soit ce qui est en route aujourd’hui à l’assemblée,  c’est-à-dire le dispositif ROPA , à savoir le don d’ovocytes permettant aux couples de femmes de vivre une maternité partagée l’une étant la mère génétique et sa partenaire la femme enceinte. Ce dispositif aboutira logiquement comme je l’avais ici annoncé et contrairement à toutes les promesses du précédent gouvernement à la GPA.

Au fondement même de ces revendications,  il y a une forme d’expression de la solitude. Or nous le savons, il n’est pas bon pour l’homme, il n’est pas bon pour la femme, d’être seul.

Cette revendication d’autonomie est née, il y a quelques siècles déjà. Ce n’est pas le lieu ici d’en faire la généalogie.

Disons simplement qu’elle a  comme source  une compréhension incomplète de ce que l’on appelle la grâce.

La grâce, la grâce de Dieu, car c’est elle qui nous permet précisément que la Loi ne nous écrase pas.

Jésus prend une comparaison qu’Il tire  d’ailleurs  de l’Ancien Testament : la loi est un joug.  Si vous vous en souvenez, on voit quelquefois des jougs anciens dans les chalets de montagne, dans des fermes ; le joug est à deux portants. Le joug est fait pour être mis sur deux animaux, deux bœufs, deux chevaux  parce que le joug se porte à deux. Et il est vrai que Jésus peut assurément nous convaincre que son joug est léger, que sa croix est légère parce qu’il la porte avec vous. « Chargez vous de mon joug », nous dit-Il. Et pour bien nous faire entendre qu’il s’agit de sa Loi Il ajoute : « Laissez moi vous instruire car je suis doux et humble de cœur. Le poids de la Loi repose sur l’humilité et la douceur de Jésus  qui a porté avec nous, le poids de la Loi, mais aussi le poids de notre nature, le poids de notre destinée, le poids de notre histoire, le poids de notre mort et de notre résurrection.

  1. Nous ne sommes pas seuls.

Nous ne sommes pas seuls Frères et Sœurs, tout au long de notre vie chrétienne, depuis les rives du Jourdain, où nous avons été baptisés, en passant par les lumières de la Transfiguration qui émaillent notre vie chrétienne, que ce soit dans les vallées des larmes que nous avons passées aussi, ou  sur le mont Golgotha que nous avons quelquefois gravi. Où que nous soyons, comme chrétiens nous ne sommes pas seuls. Nous sommes avec Dieu et Dieu est avec nous. Et jamais, nous en sommes certains, jamais Il ne nous abandonnera. Il est avec nous au Jourdain, comme Il a été avec son Fils. Il est avec nous au mont Thabor, Il est avec nous dans la vallée des larmes,  Il est avec nous sur le mont Golgotha.

Il est avec nous enfin, lorsque d’un mot, Il nous tire de la mort et nous offre part à la résurrection de son Fils.

Si nous pouvons tant, c’est sans doute parce qu’Il est avec nous et parce  qu’Il nous communique sa grâce.

Et s’il semble que pour beaucoup aujourd’hui la loi soit trop lourde ; loi de nature, loi du corps, loi de la raison, loi de l’âge, c’est sans doute parce qu’ils portent seuls ces lois, sans l’appui de la grâce.

Qu’elle leur soit donnée cette grâce. Qu’ils éprouvent le poids de la grâce, qui en vérité est léger,  et rend tout sinon facile, du moins réalisable,  pour ceux et celles qui sont portés par la grâce de Dieu.

Amen.

Père J. Ollier.

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