10 juin 2018 – 10ème dimanche de l’année B.

10ème dimanche de l’année B. 10 juin 2018.

L’évangile d’aujourd’hui nous fait entendre que « tout sera pardonné aux enfants des hommes », ce qui nous remplit de bonheur, mais qu’il existe un péché impardonnable, ce qui nous plonge dans l’incertitude.

De même que nous croyons que Dieu respecte la liberté de l’homme et que, par conséquent, il ne sait pas par avance ce que chacun va décider, de même nous devons respecter la liberté de Dieu et lui permettre d’agir à sa guise. Sans la liberté, l’autre n’est plus une personne mais un robot. Or la relation de l’homme avec Dieu est une relation de personne à personne.

Nous aimons croire que Dieu nous pardonne… s’il le veut bien. S’il plait à Dieu de mettre une limite à son pardon, nous ne pouvons que l’accepter. Cela signe sa liberté. Un pardon automatique n’aurait de fait aucune valeur. Le pardon n’existe que s’il y a quelqu’un qui veut bien pardonner et prendre sur lui la faute. Face au pardon de Dieu, nous ne pouvons être que dans une attente suppliante, remplie d’espérance.

Si vraiment tout était pardonné, cela réduirait à néant la valeur de nos choix ; tout reviendrait au même. L’évangile entend nous annoncer cette bonne nouvelle : que grand est le pardon de Dieu, et que l’homme aussi est grand, engageant sa responsabilité dans les actes qu’il commet. Nous devons tenir ensemble ces deux éléments d’une même réalité, qui nous engagent à donner d’un côté une grande place à la miséricorde, et de l’autre à la rigueur vis-à-vis de soi-même. Ceci nous empêche de condamner ce que Dieu avait l’intention de pardonner. Nous nous mettrions en porte à faux avec lui ; nous prendrions la place de Dieu. Et ensuite, nous devons veiller évidemment à ne pas tomber dans le péché irrémissible.

En quoi consiste le péché contre l’Esprit Saint ? Le texte ne dit pas explicitement que les scribes ont commis ce péché. Jésus parle de ce péché à propos de l’attitude des scribes et des gens de sa famille mais il ne les accuse pas directement. En quoi consiste le péché des scribes ? L’aveuglement, la jalousie, l’accusation fallacieuse, le mauvais esprit, toutes ces attitudes de mauvais perdants qui n’aiment pas avoir tort, la haine et l’incitation à la haine, masquée de vertu, etc… Sont-ce des péchés impardonnables ? N’entrent-ils pas dans la liste de tous ces péchés dont Jésus dit qu’ils seront tous pardonnés ? Dieu seul le sait ; Dieu seul le dira. Ils appellent Mal ce qui est bien et Bien ce qui est mal ; ils enrobent de moralité leurs propres turpitudes mais c’est ce que font tous ceux qui commettent les péchés.

Nous ne pouvons pas donner une définition précise du péché contre l’Esprit Saint. Et l’évangile s’en garde bien. Mais penser qu’il existe permet de nous mettre en garde de ne pas y tomber, comme une invitation à vérifier l’esprit qui nous anime. Il est si facile de s’illusionner. N’accusons plus personne. Examinons-nous plutôt.

Dans ce récit, Jésus n’accuse personne. Il ne riposte pas. Il n’attaque que le péché. Même dans l’attitude agressive des scribes, il discerne un objet d’espérance. Car si c’est par le chef des démons que Jésus expulse les démons, c’en est fini de Satan. A leur insu, les scribes annoncent une bonne nouvelle. Hélas, Satan n’est pas fou. C’est en nous divisant que nous faisons le jeu de Satan.

Avec la parabole du voleur qui maitrise l’homme pourtant fort qui gardait sa maison, l’évangile nous annonce une deuxième bonne nouvelle : le Mal n’est pas invincible. Le livre de la Genèse, en première lecture, nous a rappelé l’histoire du premier péché, cet engrenage où l’homme et la femme n’ont fait que s’enferrer. Mais une issue s’offrira, avait prophétisé le texte : le serpent dominateur et trompeur sera piétiné par celle-là même qu’il avait bernée. Le Mal sera vaincu par la fragile humanité. L’homme est vainqueur du Mal par son humanité.

Jésus ouvre une brèche dans nos ténèbres par laquelle s’engouffre la lumière. Il inaugure un chemin nouveau dans la victoire sur le Mal. Jusques là, on pensait que pour éliminer le Mal, il fallait exterminer les méchants, ce qui ne faisait qu’ajouter à la division et étendre la violence. Au contraire, Jésus réunit les gens, les rend à la fraternité originelle. Il reconstitue les liens de la famille humaine. Et l’évangile se conclut par cette image des nouveaux frères et sœurs de Jésus réunis en cercle pour l’écoute d’une parole ouverte à la volonté de Dieu.

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