« Hosanna ! » (= « sauve-nous ! »)
« Crucifie-le ! »
« Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
« Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu »
Ces cris, jaillis des lectures de ce dimanche des Rameaux, sont les nôtres. Cris d’appel, de haine, de désespoir ou de foi, ils sont des cris de toutes les époques, des cris d’aujourd’hui. Il est parfois si court le chemin qui mène de l’amour à la haine, de l’admiration au mépris, de la joie au désespoir… Mais aussi à la foi.
Le récit de la Passion que nous entendons déjà aujourd’hui n’est pas un reportage morbide sur des événements dramatiques ; nous sommes loin d’un journal télévisé se gavant avec complaisance d’émotionnel : ce récit souvent âpre, parfois brutal, présente sans fioriture, Jésus donnant sa vie librement, par amour pour les hommes que nous sommes.
Pour les chrétiens, il ne s’agit pas seulement de la mort abominable, ignominieuse, d’un innocent victime des luttes de pouvoir (…) mais d’un drame à la dimension cosmique où s’est joué le destin de l’humanité. C’est par le sacrifice librement consenti de Jésus, un sacrifice offert par amour pour les hommes (…) que le monde a été sauvé.
(Jean Christian Petitfils, Le Suaire de Turin, page 379.)
Les célébrations de cette grande Semaine Sainte qui s’ouvre aujourd’hui font plus que nous rappeler la Passion, la mort et la Résurrection du Seigneur : elles les rendent actuelles, elles viennent comme nous prendre par la main pour que, en dépit de nos peines, de nos souffrances, de nos échecs, nous puissions vivre sans nous décourager. Elles nous ouvrent à l’Espérance et à la Foi envers et contre tout. Elles nous rappellent que, si la nuit existe, le jour finit toujours par se lever.
Semaine sainte, une semaine où nous passerons du vert des Rameaux au rouge du sang, puis au blanc de l’Eucharistie et à l’or de la Résurrection. Une semaine où nous passerons de la liesse à l’abandon, de la vie à la mort, puis de la mort à la vie…
Ne séparons jamais la mort de la Résurrection du Christ :
il n’y a pas de dimanche de Pâques sans Vendredi Saint,
mais il n’y a pas non plus de Vendredi Saint sans dimanche de Pâques…
Comme pour chacun d’entre nous.
Au terme de cette semaine qui change tout, infiniment heureux serons-nous si, du fond du cœur, et pas seulement du bout des lèvres, nous pouvons dire avec le centurion romain : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Mais en ajoutant aussitôt, puisque nous sommes chrétiens :
« Vraiment cet homme est et sera à jamais le Fils de Dieu ! »
Belle et fervente Semaine Sainte.
Mgr Bruno Lefevre Pontalis, curé
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