Homélie du 2ème dimanche de Carême

Homélie du 2ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

La semaine dernière, l’Évangile nous emmenait au désert, aujourd’hui en montagne, dimanche prochain à la campagne et le dimanche suivant à Jérusalem.

Le Carême invite à parcourir un chemin, un chemin de conversion… pour monter jusqu’à Pâques. Mais il n’est pas impossible que la conversion à laquelle nous sommes appelés ne soit pas exactement celle à laquelle nous pensons.

Écoutons les textes d’aujourd’hui.

L’épître à Timothée est claire : « Dieu nous a appelés à une vocation sainte. » Permettez-moi de traduire : « Dieu nous appelle à le rencontrer, à lui ressembler, à être comme lui capable d’amitié, d’amour désintéressé. » Nous aurions facilement tendance à penser que, pour répondre à cet appel, le Carême nous invite à la prière, au partage et aux privations. Ce n’est pas ce dont il est question dans ce texte.

Paul explique que, pour répondre à cet appel, Dieu nous donne sa grâce gratuitement, que ce ne sont pas nos efforts qui comptent mais ce qu’a fait le Christ en nous.

Et Paul ajoute :

 Vous devriez comprendre que l’amour de Dieu pour vous est totalement gratuit, et que c’est évident depuis que Jésus est mort en Croix et qu’il est ressuscité.

L’amour de Dieu pour nous ne dépend pas de nos efforts. C’est difficile à accepter, et devrait changer notre regard sur nous et sur le monde.

Sur nous !

La première lecture nous racontait la vocation d’Abraham… notre père dans la foi, parce qu’il est le premier à avoir fait confiance à Dieu. Le texte que nous avons lu a oublié de traduire un petit bout de phrase, pourtant très important : « Va vers toi et vers le pays que je te montrerai. » « Va vers toi »… Le Carême est un temps pour oser se regarder. Prendre le temps de se comprendre. Je suis sûr que beaucoup d’entre nous n’ont pas tellement envie de se regarder et de se comprendre, de peur de ce qu’ils pourraient découvrir. Qu’ils méditent alors l’Évangile de la Transfiguration : pourquoi Jésus est-il transfiguré ? Pour que les disciples arrivent à voir dans l’homme qu’il est – qui ressemble à tous les hommes – le Fils de Dieu. Pour qu’ils apprennent à voir, même dans l’homme nu et conspué de la Croix, l’image de Dieu, le Fils de Dieu, Dieu. Apprendre à voir ce qui ne se voit pas : voilà le but de la Transfiguration ! Notre traducteur a aussi oublié de traduire que la Transfiguration a eu lieu le 6ème jour, le jour de la création de l’homme et de la femme. La Transfiguration du Christ dit quelque chose de notre nature profonde à nous tous, les hommes ! Certes, nous ne sommes pas Dieu, mais notre nature est d’être enfants de Dieu. Aller vers nous-mêmes, c’est découvrir en nous notre véritable identité, notre ressemblance avec Dieu !

Notre ressemblance avec Dieu.

La semaine dernière, l’Évangile se terminait sur une montagne, et Satan proposait à Jésus de lui donner tous les empires de la terre. Le pouvoir. Et même lorsque nous n’avons pas le pouvoir, nous aimerions quelquefois en avoir un peu, pour défendre nos convictions les plus chères… Mais ressembler à Dieu c’est, comme dit le Psaume d’aujourd’hui, voir la terre remplie d’amour. Avouez que pour voir la terre remplie d’amour, il faut voir ce que l’on ne voit pas. Ce que l’on voit souvent, c’est ce qui ne va pas, ce sont les crimes, les bêtises, les méchancetés. Dieu les voit, comme Il voit nos propres faiblesses. Et Il veut que cela change et nous invite à la conversion. Mais pour que cette conversion soit agréable, Il sait discerner les beautés du monde, le sourire d’une grand-mère, le pardon, une main tendue.

 

Frères et sœurs, la fête de la Transfiguration est une fête de la beauté.

Celle qui est en Dieu.

Celle qui est en nous.

Celle qui est dans le monde.

Et le chemin de la conversion est de chercher cette beauté.

Amen.

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