Deux gloires qui ne parlent pas la même langue

Deux gloires qui ne parlent pas la même langue

La gloire du monde suit une règle simple : elle se prend, elle ne se donne pas. On l’obtient par la performance, l’image et le pouvoir. Dans les médias, la gloire se mesure à l’audience ; en politique, au nombre de voix ; en affaires, au chiffre d’affaires. Sa logique est celle du sommet, des projecteurs et des triomphes visibles. Surtout, elle est jalouse : elle veut être la seule au centre de l’attention.

Dans Jean 17,1b-11a, Jésus évoque une gloire totalement différente. Il lève les yeux vers le ciel et dit : « Père, glorifie-moi. » À première vue, cela peut sembler une ambition démesurée. Mais cette phrase prend un autre sens : cette gloire passe par la Croix. Ce n’est pas une gloire éclatante, mais celle de l’effacement. Ce n’est pas en écrasant les autres, mais en se donnant pleinement jusqu’au bout par amour.

La différence entre les deux gloires est immense. Le monde glorifie ceux qui s’élèvent, tandis que Jésus est glorifié quand il s’abaisse. Le monde récompense ceux qui possèdent ; Jésus reçoit la gloire en remettant tout entre les mains du Père. Il ne demande jamais à être célèbre, mais à accomplir la mission qui lui a été confiée : « Je t’ai glorifié sur la terre. » En d’autres termes, la vraie gloire, c’est la fidélité à une mission, pas la reconnaissance publique.

C’est ici que l’évangile remet en question nos vies, souvent marquées par les réseaux sociaux, les classements et les comparaisons. Jésus ne prie pas pour attirer l’attention sur lui ; il prie pour que le Père soit connu à travers lui. Il conclut : « Je ne suis plus dans le monde, mais ils sont dans le monde. » La gloire des disciples ne sera donc pas une gloire exceptionnelle, mais une gloire de présence discrète et tenace.

À contre-courant de notre époque, la gloire de Pâques se résume en trois mots : aimer sans condition, et ne pas en parler.

Père Athanase Nimpagaritse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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