Sous le voile des jours encore marqués d’ombre,
Une clarté se lève, discrète, comme un souffle ;
Une voix murmure : Laetare ! – Réjouissez-vous !
Car la lumière vient avant même d’être vue.
Un homme marche, les yeux fermés depuis toujours ;
Un aveugle-né, porteur d’une nuit sans mémoire d’aurore ;
Longtemps plongé dans une attente sans espoir de lumière,
Mais au creux de laquelle un éclat invisible travaille déjà.
Sur lui se pose un regard, le regard de l’homme – Jésus ;
Un regard clair comme une promesse avant le jour qui se lève.
La Parole s’approche, douce et ferme, mêlant terre et salive ;
Un chemin d’eau s’ouvre vers la source et la nuit recule.
Alors ses yeux s’ouvrent, non pas seulement sur le monde,
Mais sur la Lumière qui reconnaît avant d’être reconnue ;
Puis s’ouvrent son cœur et sa bouche, et on entend un cri.
Un cri simple, un cri de foi : « Oui, Seigneur, je crois ! »
Et nous, au milieu du désert des quarante jours,
Nous voyons grâce à cette lumière qui éclaire nos pas ;
Nous marchons sous ce regard d’amour et de tendresse ;
Dans la joie vers l’aube pascale du Christ ressuscité.
Heureux celui qui ose faire un pas hors de l’ombre ;
Qui laisse tomber ses certitudes pour accueillir la vérité ;
Qui, comme l’aveugle guéri, trouve la lumière dans le Christ ;
Et qui chaque jour peut dire : « Oui, Seigneur, je crois ! »
Père Basile TEGAMBA
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