Homélie 4ème dimanche de Carême, 15 mars 2026

Homélie 4ème dimanche de Carême, 15 mars 2026

Frères et soeurs,

cet évangile est magnifique, plein de messages pour nous,  il nous prépare bien à Pâques. Je voudrais -pour bien comprendre ce chemin que Jésus fait vivre à ses disciples, à l’aveugle-né et aux pharisiens qui l’entourent- que nous nous arrêtions simplement sur deux verbes qui sont au cœur du chemin de guérison de l’aveugle-né : VOIR et CROIRE

 

Le premier verbe est le verbe “voir”

Jésus  guérit cet homme de la cécité. Jésus prononce quatorze fois ce verbe voir dans cet évangile. Il veut conduire cet homme à la lumière.

Il y a plusieurs manières de voir :

  • Voir plus loin, avec des jumelles, avec la télévision -on peut assister à un magnifique match de rugby France-Angleterre- (prions pour nos amis anglais…), avec les satellites- on peut voir quelqu’un arrivant en retard à la messe à Saint-Pierre de Chaillot et retransmettre immédiatement la photo à Rome et sur les réseaux sociaux! On peut voir plus loin, toujours mais cela reste superficiel. C’est important, parce que cela nous aide à nous ouvrir aux autres, mais c’est superficiel.
  • Voir plus profond, en discernant ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas, en sachant ce qui est bien et ce qui est mal, en comprenant ce qu’est le sens de notre vie et ce que nous devons faire. Finalement , c’est la manière de voir de Dieu. Dieu regarde ainsi. Dans la première lecture, vous avez entendu cette belle phrase : “ Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur.” C’est cette manière de voir qui intéresse Jésus : voir plus profond. Il guérit l’aveugle de naissance pour cela et il interpelle les pharisiens pour cela.

Voir plus profond, car justement notre péché consiste à ne pas voir assez profondément. Nous voyons mal : que ce soit le péché par omission, où nous passons à côté parce que nous ne voyons pas, que ce soit le péché contre la charité parce que nous ne voyons pas l’autre -pensez à l’évangile de l’homme riche et du pauvre Lazare au pied de sa maison-, que ce soit le péché contre l’Esprit-Saint dont Jésus parle dans l’évangile qui est de ne pas voir Dieu qui passe dans notre vie – on passe à côté du message de Dieu-, que ce soit le péché contre nous-mêmes où l’on ne voit pas le sens de notre vie.

 

Toutes ces manières de voir sont mauvaises. Jésus veut nous convertir sur ce point, nous aider à voir justement, en ouvrant nos yeux, Il ouvre notre cœur, puisque les yeux sont la porte du cœur. Jésus nous invite ainsi avec cet aveugle à comprendre quel est le sens de la vie et qui, il est lui. Voilà ce que ce chemin de Carême nous invite à vivre : purifier notre regard, ouvrir nos yeux sur nous-mêmes, sur le monde, sur les autres, sur Dieu Lui-même, sur Jésus, et comprendre la vérité de notre existence.

Soyons attentifs jusqu’à Pâques, à la façon dont nos yeux sont ouverts, ne manquons pas la vérité qu’il nous est donné de voir.

Je n’oublierai jamais un aveugle que je connaissais bien et que j’avais invité à venir parler devant mes élèves. Il était arrivé de manière un peu provocante avec un beau T-Shirt, sur lequel il y avait un visage avec deux yeux grand-ouverts. Il nous avait expliqué qu’il voyait en réalité celui auquel il s’adressait avec le cœur. Voici l’enseignement de Jésus.

 

Le deuxième verbe est le verbe “croire”

« Crois-tu au Fils de l’homme ? »  Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Oui, Je crois, Seigneur ! »

“Croire”, ce deuxième verbe est le sommet de cet évangile.

Les yeux qui s’ouvrent, la vision qui se fait plus précise, nous amènent à cette reconnaissance dans la foi. Croire, c’est un chemin, un itinéraire, pour arriver à une foi de plus en plus solide, de plus en plus profonde, dimanche après dimanche, carême après carême. Ce sera au cœur de notre célébration pascale, la profession de foi, le sommet de la vie liturgique.

Croire, c’est un itinéraire. Nous voyons dans l’évangile, l’aveugle de naissance qui passe par plusieurs étapes. Il y a des étapes dans le dialogue, dans la présence de Jésus qui progressivement lui font comprendre qui est celui qui le guérit. Des yeux qui s’ouvrent, il faut passer au cœur qui s’ouvre, au cœur qui reconnaît et qui affirme : “ oui, je crois Seigneur.” Et au contraire de l’aveugle, il y a les pharisiens qui s’enferment. Plus on ferme le cœur, moins on voit. Il y a un engrenage positif vers la lumière, lorsque l’on s’ouvre et un engrenage négatif lorsque l’on se ferme, on devient alors de plus en plus aveugle.

Voir et Croire, voilà notre chemin qui va nous conduire jusqu’aux portes de la Semaine Sainte. Puissions-nous être attentifs à ces deux verbes qui orientent  notre manière d’être et qui, bien-sûr, font surgir en nous cette profession de foi magnifique. L’évangile est fait pour cela, l’évangile est un chemin de foi, Que nous puissions dire : “Je crois en Toi, Seigneur, Tu es le Fils de Dieu.”

C’est ce chemin que nous poursuivons ensemble, qui nous aide à un discernement, entre ce qui est lumière et ténèbres, entre le bien et le mal. Par cette vision, cette clairvoyance et cette foi, nous pouvons, avec sa présence en nous,  diriger nos pas, conduire notre vie sur  la route qu’il nous propose pour notre bonheur et selon la vocation qui est la nôtre de fils et de filles de Dieu.

Béni sois-tu Seigneur, d’ouvrir le chemin de l’aveugle-né. Tu nous fais comprendre que c’est aussi notre chemin et tu nous appelles à cette même proclamation de foi.  Ouvre nos yeux et ouvre nos coeurs  pour que nous puissions sur le chemin jusqu’à l’orée de ta Passion avoir les yeux ouverts et te suivre pas à pas avec la croix jusqu’à la mort et la Résurrection, en proclamant : “ Je crois en toi.”

Amen.

 

 

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