La prière
Le jour de l’Ascension, notre curé nous invitait à avoir les pieds sur terre et la tête au ciel auprès du Christ ressuscité.
Avoir les pieds sur terre est relativement facile.
Avoir la tête au ciel peut sembler plus difficile !
Il nous est quelquefois difficile de donner un sens à notre vie, de vraiment croire que Dieu nous aime et que le Christ nous aime au point de dire que tout ce qui est à lui et à nous, que son ciel est pour nous !
Être en relation, en dialogue d’amour avec le Christ ressuscité, avec lui se tourner vers le Père, oui, cela peut sembler plus difficile.
Le Psaume que nous venons de chanter exprime deux sentiments qui sont souvent les nôtres :
Mon cœur m’a redit tes paroles, cherchez ma face
Il est vrai que nous savons que Dieu veut que nous le cherchions ; nous ressentons intérieurement le besoin de prier, mais le psaume souligne aussi la difficulté de ce dialogue avec Dieu :
Écoute Seigneur, je t’appelle, pitié réponds moi .
Et si le psalmiste dit cela, c’est qu’il éprouve douloureusement que cela ne marche pas. Il a l’impression que le dialogue ne s’instaure pas !
La prière se veut être le dialogue du cœur entre Dieu et nous. Une relation est toujours personnelle. Il n’existe donc pas un modèle qu’il faudrait suivre pour sortir du silence : chacun doit trouver son chemin.
Pour autant, les textes d’aujourd’hui me semblent donner trois conseils.
Si nous voulons prier, il faut d’abord le désirer et le désirer vraiment ! Et pour cela, il convient d’accepter nos faiblesses et nos manques.
Les apôtres, après l’Ascension se sont réunis parce que le Christ leur manquait. Ils éprouvaient le vide que l’on éprouve quand une personne aimée n’est plus là. De plus, ils ne pouvaient pas envisager la suite de leur vie sans savoir ce que Dieu attendait d’eux.
Nous pouvons dire des mots, multiplier les dévotions, nous pouvons rester en silence, nous pouvons nous dépenser en actions charitables…Il n’y a pas de prière si nous sommes satisfaits de nous-mêmes, si Dieu ne nous manque pas, si nous ne le désirons pas, si nous ne désirons pas le bonheur qu’Il promet pour nous et pour le monde, si nous ne désirons pas savoir quelle est sa volonté, si nous n’avons pas le désir de le chanter, le désir de l’aimer. Il n’y a pas de prière sans que notre cœur ne soit engagé.
Si nous désirons prier, il faut le demander.
La prière est un don, une grâce ! Les apôtres le savaient, ils attendaient l’Esprit ! Nous avons besoin de l’Esprit pour prier ! Saint Paul, dans l’épître aux Romains, affirme que nous ne savons pas prier comme il faut, mais que l’Esprit, lui-même, intercède pour nous. Il vient au secours de notre faiblesse, nous permet de faire nôtre la prière de Jésus à son Père et de vivre comme lui le Fils bien aimé, de communier, de communier avec lui, de savoir même communier à ses souffrances et à son don de soi et enfin de nous adresser à Dieu comme à un Père.
Désirer, demander… Il nous faut aussi apprendre à recevoir ce don.
Et nous ne pouvons pas le faire si nous demeurons seuls. Les apôtres ont voulu prier ensemble. Le Christ est présent quand nous sommes réunis, quand nous savons partager et mener une vie fraternelle : qui prétend aimer Dieu, s’il n’aime pas son frère, est un menteur. Qui prétend savoir parler à Dieu, s’il ne sait pas parler à son frère, est un menteur ! Les apôtres ont voulu prier ensemble parce qu’ils ont entendu le Christ, la veille de sa mort prier dans un même mouvement pour glorifier son Père et pour demander qu’ils soient unis. Les premiers chrétiens à leur suite ont aimé se rassembler, partager et prier ensemble. Même si nous aimons notre autonomie, la prière s’apprend avec les autres ! Il est probable que beaucoup d’entre nous ont appris à prier avec leurs parents, avec un groupe de jeunes, aux JMJ, en pèlerinage, ou en paroisse… C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui ! La prière commune donne le goût de trouver sa propre manière de prier !
Oui, voici la Pentecôte, voici le temps de demander et de demander encore à l’Esprit de nous apprendre à chanter ensemble, en vérité : « ma lumière et mon salut, c’est le Seigneur, Alléluia ».
C’est le chant que nous chanterons lorsque notre tête sera définitivement au ciel.
Amen
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