Homélie Mgr Lefevre Pontalis, Vigile Pascale

Homélie Mgr Lefevre Pontalis, Vigile Pascale

Quelle espérance, quel chemin, quelle lumière, quelle prière, quelle profondeur, quelle messe très longue, Maxence et Nathaniel. Cela vaut bien la peine d’être un peu fatigués, pour ce grand jour qui marquera votre vie entière ! Oui aujourd’hui, il se passe quelque chose d’immense, qui fait que dans un instant, vous allez pouvoir être baptisés.  Aujourd’hui le Seigneur passe de la mort à la vie, le Seigneur sort de son tombeau.

Là est toute notre foi chrétienne. Ce n’est pas trop beau pour être vrai. La victoire est certaine, mes amis. La victoire est certaine et notre avenir est dans l’accueil de cette Vie qui nous vient du Christ, notre avenir est dans cette espérance invincible, malgré les difficultés de ce monde. Notre avenir est dans l’imitation, dans l’écoute de Celui qui nous appelle ainsi à être ses disciples, à le suivre.

Et pourtant… Ce n’est pas si facile d’être chrétiens. Peut-être que certains d’entre vous sont plus loin de la foi chrétienne et qu’ils découvrent cette messe de Pâques pour la première fois de leur vie. Ce n’est pas si facile. Et plusieurs sentiments peuvent habiter en nous, comme chez ces personnages de l’Évangile que nous venons de lire. Trois sentiments importants apparaissent dans le cœur de ceux qui sont les premiers à découvrir la nouvelle.

Premier sentiment : l’indifférence

Il y a de l’indifférence chez ces soldats, ces fonctionnaires romains, des gardes  qui  étaient chargés par le pouvoir romain  de surveiller le tombeau de peur que l’on prenne le corps de Jésus, que l’on dise qu’il était parti, ressuscité. Ils sont très loin de ce qui se passe, très loin du message de Jésus. Nous aussi, mes amis, nous pouvons être indifférents, notre coeur peut être fermé, nous pouvons nous replier sur nous-mêmes, nous pouvons penser que beaucoup de nos contemporains dans le monde sont indifférents à ce  message de l’Évangile.

Et pourtant, ce n’est pas trop beau pour être vrai ! Et pourtant, cette force du Christ, ce message  “Il est vivant” est celui qui traverse les siècles, qui nous rejoint aujourd’hui, qui rejoint Maxence et Nathaniel, qui rejoint les plus de  21 000 baptisés adultes en cette nuit de Pâques, en France.

Magnifique espérance ! Ce message bouleverse, ce message continue d’éclairer, ce message accompagne, ce message retourne, ce message convertit !

Mes amis, puissiez-vous avoir le cœur ouvert pour laisser entrer cette vie du Christ, cette espérance, cette force qui jaillit de notre prière mais qui jaillit surtout du Christ présent parmi nous et  qui va, par mes pauvres mains, baptiser, dans un instant Nathaniel et Maxence.

Deuxième sentiment : la crainte

Ce deuxième sentiment qui est présent chez les femmes est la crainte. “ Elles sont saisies de crainte, toutes tremblantes.” A côté d’elles les gardes tombent par terre, “ils se mettent à trembler et devinrent comme morts”. Il y a mille raisons dans notre monde d’être tremblants, d’être saisis dans nos vies par la peur. Autour de nous, dans notre vie, la mort, la maladie, l’accident, la guerre, l’incompréhension peuvent nous pétrifier.

Et pourtant ! Par deux fois, il est dit aux femmes : “N”ayez pas peur!” Une fois, par l’ange et une fois par Jésus lui-même. “N’ayez pas peur, soyez sans crainte !” Jésus aime beaucoup dire cela, de nombreuses fois dans l’Évangile, il y a “n’ayez pas peur”. C’est cela l’Évangile. Lorsqu’il y a la peur, ce n’est jamais de Dieu. Lorsqu’il y a la paix, elle est de Dieu. Ce que Jésus souhaite à ses disciples, le soir de Pâques et dans les jours qui suivront sa Résurrection, c’est toujours la paix. La paix de Dieu. J’espère que ce soir, votre coeur est en paix pour accueillir ce message. C’est un signe de l’Esprit Saint qui agit dans votre cœur pour pouvoir  accueillir ce qui se passe.

Chassons toute trace de peur, même si le monde est difficile, même si notre vie  est difficile. Le croyant est dans la main de Dieu. Vous saisissez cette main et vous ne la lâchez jamais.

Troisième sentiment : la joie

Les femmes vont éprouver ce sentiment de joie qui coexiste avec la crainte. Elles finissent, saisies par la joie, remplies de joie. Ce n’est pas une joie superficielle, ce n’est pas une joie éphémère, c’est une joie profonde, une joie durable, une joie qui va mener toute leur vie. Comment pourraient-elles être dans la tristesse, en découvrant que celui  qu’elles ont connu, aimé est vivant et qu’il les accompagne ? Elles ne se sont pas trompées de chemin !

Il en  est de même pour vous !
Vous ne vous trompez de chemin, en accueillant le Christ.
Vous ne vous trompez pas de chemin en suivant le Christ.
Vous ne vous trompez pas de chemin en croyant au Christ.

En cette messe un peu longue mais si forte, puissiez-vous, frères et sœurs, laisser monter dans votre vie, dans votre esprit, dans votre âme, cette joie liée à cette espérance, à cette foi, à cette confiance, cette joie d’être croyant.

C’est cette joie qui pousse les disciples pour répondre à la parole du Christ, à aller annoncer l’Évangile. Leur moteur, après la Pentecôte pour aller annoncer l’Évangile, c’est cette joie, cette certitude que la victoire est acquise, que la victoire est certaine. Cette joie qui jaillit est déjà dans votre cœur, Nathaniel et Maxence. Cette joie peut grandir encore, comme le feu nouveau qui nous a rassemblés dehors tout à l’heure.  Cette joie d’être chrétiens, disciples de Jésus qui vous aime et qui jamais ne vous abandonnera. Vous le savez, votre baptême pour la vie, pour la vie éternelle sera source de joie.

 

Alors, frères et soeurs, accueillons ces sentiments et présentons-nous devant le Seigneur Ressuscité, avec peut-être une part d’indifférence, de la crainte, mais surtout, avec ce qui chasse cela, cette joie d’accompagner ces deux enfants, qui ont choisi de suivre Jésus, d’être chrétiens comme beaucoup avec eux ce soir.

Nous prions avec eux, avec leurs familles, pour les accompagner, en étant non pas des spectateurs mais des acteurs. Juste après leur baptême, dans la même foulée, vous allez être invités à redire : “Oui” à votre propre baptême. Vous savez que ce “Oui” de cette nuit de Pâques est extrêmement important, un des plus beaux de notre vie chrétienne. Alors soyez bien attentifs à tout ce qui va se passer maintenant pour eux. Je les appelle : “Nathaniel et Maxence, vous pouvez avancer avec vos parrains et marraines.”

 

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