M’aimes-tu ?

Bien chers frères et sœurs, que de grâces en cette célébration eucharistique !

Aujourd’hui dimanche, nous sommes toujours dans le temps pascal, nous célébrons la joie de Pâques, le mystère de la Résurrection. Nous fêtons aussi saint Joseph le patron des travailleurs et le premier jour de ce mois de mai, ce mois béni, le mois de Marie.

 

L’Évangile qui nous est proposé en ce troisième dimanche de Pâques, c’est le dernier chapitre de l’Évangile selon saint Jean qui relate la troisième apparition de Jésus à ses disciples sur les bords du lac de Tibériade. Ce long texte peut être structuré en trois parties :

– d’abord cette rencontre de Jésus avec ses disciples et cette pêche miraculeuse qui nous révèle l’amour, la bonté, la bienveillance de Dieu, envers chacun et chacune d’entre nous.

– ensuite la deuxième partie où Jésus leur donne à manger. Il leur donne le pain et le poisson. C’est la célébration eucharistique, la Sainte messe au cours de laquelle nous communions ensemble au corps et au sang du Christ.

– enfin la troisième partie, cet échange, ce dialogue entre Jésus et Simon Pierre sur lequel portera ma méditation.

 

Un dialogue riche d’enseignements et d’exhortations

Jésus, après le repas avec ses disciples, se tourne vers Simon Pierre qui, rappelons-nous, le vendredi saint par trois fois, avait renié le maître, comme Jésus le lui avait prédit. Jésus lui pose une question apparemment simple mais bien profonde, et bien embarrassante.

 ” Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment plus que ceux-ci ? “

Pourquoi Jésus pose-t-il cette question ?

Simon a toujours prétendu aimer Jésus plus que les autres. Simon Pierre disait à Jésus : ” Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi je ne tomberai jamais. ” (Mt 26, 33). Il disait aussi ” Maître, je donnerai ma vie pour toi ” (Jn 13, 37). Tous ces propos, Simon Pierre les a tenus quand Jésus leur annonçait  ce qui devait arriver à Jérusalem, sa passion et sa mort.

A cette question,  ” Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment plus que ceux-ci ? “, Simon Pierre répond : “Oui Seigneur, toi tu le sais, je t’aime. ” C’est une réponse toute humble, il s’appuie sur la connaissance que Jésus a de lui, non sur sa propre assurance.

Et Jésus repose la même question par deux fois : ” M’aimes-tu ? “ On imagine dans quel embarras se trouvait Simon Pierre. Cette question n’est pas anodine. La troisième fois, Simon-Pierre répond avec la plus grande humilité : ” Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime “. Par ces trois réponses humbles et généreuses, Simon Pierre répare son triple reniement. Ce qui est intéressant, c’est qu’après ces réponses toutes humbles et confiantes, le Christ, par amour et avec grande miséricorde lui dit : ” Sois le berger, sois le pasteur de mes brebis. ” Comme pour dire, ” puisque tu m’aimes, je te confie mes brebis, je te choisis, je te mandate pasteur de mes brebis. “

 

Agir par amour pour le Seigneur

Ainsi donc, pour paître les brebis du Seigneur, il faut avoir aimé celui qui nous associe à cette mission. Sans amour pour le Christ, aucun service, aucune mission ecclésiale  n’est possible. Jésus nous exhorte à tout faire par amour. Saint Joseph dont nous faisons mémoire, que nous fêtons aujourd’hui comme artisan a toujours tout fait par amour.

Tout notre agir, frères et sœurs, doit être mû par cet amour comme réponse à l’amour de Dieu car c’est Lui qui en premier nous aime.

Nous devons donc apprendre à développer cette relation forte d’amour envers le Seigneur.

Saint Paul, le grand apôtre des nations païennes,  avait pour sa part  un amour tellement fou pour le Seigneur que même sa vie ne comptait plus pour lui. Il l’exprime en (Phil 1, 21) :”  Pour moi vivre c’est le Christ et mourir est un gain. “

Tenons fort, frères et sœurs, dans cet amour, que rien ne nous sépare de cela. Tout faire par amour. Comme le dira saint Augustin: ” Aime et fais ce que tu veux. “

Pour poursuivre avec l’évangile, après avoir confié le soin de ses brebis à Simon Pierre, Jésus lui révèle le sort qui lui est réservé, son martyre. Puis il lui dit :

Suis-moi

 

Suivons le Christ en toute confiance

Être chrétien, c’est se mettre à la suite du  Christ, pas uniquement sur le chemin de sa gloire, mais aussi sur le chemin de la croix. Nous sommes ses serviteurs et il nous le rappelle en (Jn 15,20) : ” Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi.

Soyons de vrais serviteurs du Christ à l’exemple que nous donnent Simon Pierre et les apôtres dans le livre des actes des apôtres (dans la première lecture).

Ayons ce courage missionnaire de nous déclarer chrétiens et d’accepter tous les outrages, toutes les humiliations, toutes les persécutions. Courage lié peut-être à notre choix d’être à la suite du Christ. C’est beau d’entendre ces paroles de la bouche des apôtres : ” Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. “

C’est une grâce à demander.

N’ayons pas peur, frères et sœurs, de souffrir pour le Christ qui chemine avec nous, qui chemine avec son Église. L’Esprit Saint que nous avons reçu au baptême, cet Esprit qui nous habite, fait de nous de vaillants témoins et combattants du Christ.

Pour exhorter Timothée à ce courage apostolique et missionnaire, saint Paul lui disait et nous dit aussi : ” Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas en vertu de nos œuvres, mais en vertu de son propre dessein et de sa grâce.”  (2 Tim 1, 6-10)

 

Faisons confiance, frères et sœurs, à cette grâce du Seigneur devant toutes les situations. Et comme le Christ ressuscité l’a expressément demandé à Pierre, il nous demande de le suivre et d’être ses témoins partout. Suivre le Christ en toute confiance.

Cette confiance en la toute puissance de Dieu, notre plus grande assurance, c’est ce mystère que nous célébrons, le mystère de Pâques, la Résurrection de Jésus le Christ, la victoire de la vie sur la mort. Si le Christ ne ressuscite pas, vaine est notre foi.

Il est vraiment ressuscité, Alléluia ! Il est digne, lui l’Agneau immolé – pour reprendre les termes de saint Jean dans l’Apocalypse – de recevoir puissance et richesse, sagesse et force.

A lui soient l’honneur, la gloire et la louange pour les siècles des siècles. 

Amen

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