Homélie du 27 septembre 2026, Mgr Lefevre Pontalis

Homélie du 27 septembre 2026, Mgr Lefevre Pontalis

Dans lequel des deux fils vous êtes-vous reconnus frères et sœurs ?

Celui qui dit “oui” du bout des lèvres et qui n’y va pas – finalement un oui qui est un non ! Ou bien celui qui dit carrément “non” et puis qui se repent et qui y va – un non qui sera un oui – !

Frères et sœurs, nous sommes effectivement, soit l’un, soit l’autre des fils et ces paroles si fortes dans cet exemple, nous invitent à avoir une conduite et une écoute de la Parole de Dieu qui nous engagent tout entiers véritablement, sans tergiverser mais sans revenir sur nos engagements.

Alors aujourd’hui, deux appels à partir de cet évangile !

Premier appel pour chacun d’entre nous : “Heureux les vrais pratiquants !”

 Avec celui qui dit oui et puis qui finalement dit non, Jésus vise ses contemporains et ils le savent bien. Il vise le peuple d’Israël, ceux qui ont reçu la Parole, l’appel, qui ont pu répondre “oui” et qui petit à petit ont laissé s’effilocher cet appel premier. Ils sont aujourd’hui comme ceux qui passent à côté de la grâce, et qui  ne le reconnaissent pas, lui Jésus. Ces paroles sont dures pour ceux qui l’écoutent et ils savent très bien  qu’ils sont visés. Dans ces paroles de Jésus, et dans ce fils qui dit “oui” et finalement ne fait pas, nous nous reconnaissons nous aussi.  Cet appel de Jésus : “Heureux les vrais pratiquants” nous engage à ne pas rester à l’extérieur du stade, mais à entrer dans le stade ! Dans le Stade de France, ou ailleurs, pour être de la partie, nous ne pouvons pas rester en spectateurs. Jésus nous appelle à répondre et à être fidèles jusqu’au bout. Cela mobilise toutes nos énergies, l’intelligence, la volonté, tout notre être, notre corps, notre esprit, notre coeur.  Répondre “oui” et tenir ce “oui”, nous sommes invités à le faire finalement chaque dimanche

– lorsque vous communiez, c’est redire “oui” au Christ

– lorsque vous participez à la messe, c’est re-choisir le Christ, c’est vous relancer dans le jeu,  dans l’aventure, dans la grâce de la foi. Cela mobilise notre intelligence, car la foi éclaire et met en route l’intelligence. Il y a tellement de raisons de croire, des raisons qui touchent notre coeur. Chacun d’entre vous a ses raisons de croire, chacun a ses raisons de dire “oui” et de tenir ce “oui”. Il y a des milliers de raisons de croire, c’est à nous de les repérer, pour qu’elles continuent raisonnablement à éclairer notre intelligence.

Il y aurait des raisons de ne pas croire aussi, mais c’est à nous avec le pas de la foi de les écarter et de nous laisser éclairer finalement par l’attachement au Christ  parce qu’il est vivant pour nous.

Le pape Léon XIV disait aux jeunes au Stade de France :

Vous êtes les saints d’aujourd’hui.”

C’est aujourd’hui que vous avez à répondre “Oui”, c’est aujourd’hui qu’il faut tenir la foi de votre baptême, c’est aujourd’hui que cette foi transforme toutes les fibres de votre être.

Que ce “Oui” éclaire notre intelligence, que ce “Oui” éclaire aussi notre volonté, car nous savons bien que croire, c’est désirer croire. “Je veux croire, aimer”, vous le savez , vous les fiancés que je bénirai tout à l’heure, c’est dire à l’autre : “je veux t’aimer, je décide de t’aimer !”

En décidant cela, en s’engageant par toutes les fibres de notre volonté, dans cette réponse fidèle, nous entrons dans ce chemin de la foi et de l’amour. Demandons la grâce d’être de vrais pratiquants, non pas en nous laissant aller comme une feuille d’automne qui ne sait pas où elle va, mais véritablement enracinés dans les sacrements que vous recevez, dans la Parole que vous entendez, dans la foi de l’Eglise. Ô combien, un rassemblement comme celui d’hier nous fortifie, remet en nous cette grâce de l’espérance et de la joie et nous donne de continuer notre route, non pas tout seuls, mais tous ensemble.

Deuxième appel  : “Heureux ceux qui évoluent, heureux ceux qui se repentent, heureux ceux qui savent rectifier la route.”

 Dieu connaît notre liberté. Il respecte infiniment la liberté de l’homme. Il sait que nous pouvons refuser, mais il sait que nous pouvons nous reprendre…  Combien de saints ont dit “non” au départ ? Dans l’Evangile, pensez à Zachée, pensez à Marie-Madeleine, et dans l’histoire de l’Eglise, pensez à saint Paul, à saint Augustin, pensez à saint Ignace de Loyola, à saint Charles de Foucauld qui ont dit d’abord “non”, puis ils ont été éclairés par la grâce et ont exercé leur liberté en reprenant ce “non”, en le convertissant, en évoluant, en laissant la grâce de la foi éclairer leur vie. Souvent, ils ont ensuite été fougueux, zélés, terriblement donnés. Nous savons combien les convertis ont une foi forte, sans tiédeur. Le Seigneur ne regarde pas le nombre de fois où nous sommes tombés, le Seigneur s’intéresse au nombre de fois où nous nous sommes relevés. Ce n’est pas l’épaisseur de notre auréole qui l’intéresse, c’est la hauteur des marches que nous gravissons et le chemin que nous avons accompli. Le Seigneur connaît notre liberté et nous invite nous aussi chaque jour, chaque dimanche à reprendre ce “oui” que nous avons peut-être abandonné, délaissé, à convertir ce “non” en un “oui” franc.

Que la prière de la messe, sublime prière de l’Eglise, sommet et source de toute prière, que la profession de foi que nous dirons dans un instant, que la communion que vous pourrez faire, vous permettent au fond de vous-mêmes de redire “oui” au Seigneur, vous permettent de transformer  votre “non” en un chemin de lumière.

Nous sommes les deux fils, celui qui dit oui et ne fait pas, et celui qui dit non et finalement y va !

Mais quel est le troisième fils ? Celui qui dit oui et qui fait ?

Ce troisième fils, c’est Jésus. Jésus dit oui à la volonté de son Père et il va jusqu’au bout. Pourquoi ne serions-nous pas celui-là ? Celui qui va jusqu’au bout, jusqu’au bout de la grâce de son baptême, celui qui va jusqu’au bout des sacrements que nous recevons.

Ce troisième fils, nous sommes appelés à l’être en Jésus. Lui nous montre le chemin, il nous donne la force de tenir.

Que les rassemblements et les événements de ces jours, frères et sœurs, nous aident à être le troisième fils, avec le pape Léon XIV, avec tous les chrétiens que nous avons rencontrés, avec la grâce de Dieu. Que la Vierge Marie, que le pape invoque en ces heures, nous aide , elle qui a tenu ce “Oui” de l’Annonciation jusqu’au pied de la Croix. Que tous les saints qui ont été fêtés au Stade de France, les saints de notre pays si nombreux, nous aident à garder le chemin de la lumière ouvert le jour de votre baptême.

Que votre Oui soit un Oui tous les jours de votre vie, ce sera la joie de notre vie, nous serons heureux si nous sommes fidèles. La joie d’un homme, d’une femme, c’est de se donner et d’être fidèle à ce don. La joie de notre existence, c’est de dire Oui et de tenir dans ce Oui jusqu’au bout, même si les chemins sont sinueux.

Béni sois-tu Seigneur, de nous accompagner sur ce chemin un peu chaotique de nos existences. Sachons saisir ta main, sachons transformer nos refus en un cœur ouvert qui s’ouvre sans cesse, un cœur semblable au tien.

Béni sois-tu Seigneur, nous te rendons grâce pour ces heures que nous avons vécues, que tous ceux qui ont participé à ces événements, soient saisis par ta présence et ton accompagnement dans chacune de nos existences maintenant et dans les siècles des siècles.

Amen.

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