Homélie du dimanche 4 octobre 2026, Mgr Dubost

Homélie du dimanche 4 octobre 2026, Mgr Dubost

Voici l’héritier !

Frères et sœurs, pour entendre l’évangile que nous venons de lire, il faut sans doute imaginer une foule immense. Nous sommes dans la dernière semaine avant Pâques et les pèlerins sont extrêmement nombreux à Jérusalem. La situation politique est tendue et la foule est probablement un peu anxieuse. Jésus est là, comme protégé par cette foule. Mais il sait que cette protection ne va pas durer;  il sent, il sait qu’il sera assassiné d’ici la fin de la semaine car les chefs de ce peuple, les Anciens, ont décidé de le tuer.  Jésus crée une parabole pour leur dire qu’il est conscient de ce qui va se passer et annoncer la mort à laquelle il se sait condamné.

Dans cette parabole, il utilise des images que ces interlocuteurs connaissent bien:

  • ils savent que dans la Bible, la vigne du Seigneur est une image du peuple de Dieu,
  • ils connaissent l’histoire de Joseph, le fils bien-aimé de son père et que ses frères ont voulu assassiner par jalousie.
  • Ils connaissent aussi l’histoire de Nabot, qui possédait une vigne et que le Roi Acab a fait assassiner pour prendre sa vigne et son héritage !

Au fond, Jésus, par cette parabole, même si cela nous semble un peu bizarre, dit au chef des prêtres :

Vous avez reconnu que je suis le Fils de Dieu. Vous savez que je suis envoyé par mon Père et vous allez me tuer par jalousie. Mon Père a confié à votre liberté ce peuple pour que vous le fassiez grandir et vous voulez en faire votre chose. Au fond, vous  vous croyez les vrais maîtres de ce que doit croire le peuple, vous êtes des gens respectés et respectables mais votre jalousie et votre esprit identitaire vous aveuglent et  vous ne savez plus voir la réalité de l’amour de Dieu pour tous.”

 Voici l’héritier !

  Jésus se présente comme l’héritier. Il n’y a pas d’autre source de vérité.

Le seul fils bien-aimé de Dieu, c’est le Christ, c’est Jésus.

C’est facile à dire, plus difficile à vivre à chaque instant, à reconnaître chaque jour.

Vous nous appelez Monseigneur, mon Père, c’est la coutume. Vous savez que nous ne sommes ni vos Seigneurs ni vos Pères, car il n’y a qu’un seul Seigneur, qu’un seul Père. Vous nous donnez ces titres, parce que notre mission est de vous rappeler sans cesse la présence de Dieu  dont Jésus est le seul héritier.

En tous cas, il est clair que nous devons suivre cet héritier, que nous devons dire Dieu, que nous devons dire le Christ. Cette semaine, avouons-le, nous avons vécu quatre  jours où cela a semblé plus facile, plus évident avec le pape. Nous avons tous, dans les yeux, l’image de cette  foule qui avec le pape était calme, sereine, heureuse comme si chacun y trouvait sa place, comme si nous vivions – ce que saint Paul  prophétise dans l’épître que nous venons de lire –  cette paix de Dieu qui dépasse tout ce que nous pouvons concevoir, si nous gardons nos cœurs et nos pensées dans le Christ. Pour entrer dans cette paix, le pape Léon l’a dit et redit, il convient d’accueillir le Christ, c’est lui l’héritier qui nous donne la force de suivre son chemin, qui même s’il passe par la mort, donne la vie.  Le Pape a abondamment parlé des saints de France qui ont su le faire, en affirmant que s’ils l’ont fait, nous pouvons le faire également !

Si la parabole a été créée pour les chefs du peuple, pour les prêtres, les Anciens,  l’Évangile a été écrit pour nous, comme une invitation à ne pas accaparer l’héritage. Dieu ne nous appartient pas. Il nous faut prendre conscience que si nous sommes la Vigne du Seigneur, c’est lui le propriétaire.

J’ai été frappé cette semaine, je ne sais pas si vous l’avez été, de voir le nombre de non-chrétiens qui ont écouté le pape ; le pape était devenu leur pape ! Le Christ était pour eux ! J’ai été frappé par le nombre de chrétiens peu habitués à entrer dans une église qui ont suivi les quatre jours : le pape était devenu leur pape et le Christ était pour eux. J’ai été frappé par les paroles du pape à Notre-Dame et sa joie de penser que cette église était rendue au culte, certes aux chrétiens mais aussi à chacun, au monde.

Dieu ne nous appartient pas. Il est le Seigneur de tous. Les textes d’aujourd’hui et la visite du pape nous disent quelque chose de très simple. Si nous prétendons être la Vigne du Seigneur, nous ne sommes pas les propriétaires de cette Vigne. L’Eglise, le pape, les évêques, chacun d’entre nous, nous ne nous appartenons pas, nous sommes à Lui, nous sommes pour les autres, pour le monde. Nous sommes là pour suivre le Christ, l’héritier : il ne nous appartient pas, il est mort pour le monde, j’allais dire il appartient au monde.

Il est normal d’être fier du Christ. Il est bon d’applaudir le pape. Au fond, ce qui nous est demandé, c’est de dire que lui seul est l’héritier. Il veut que nous entrions dans son héritage à condition de le suivre.

Et  nous sommes appelés à vivre en communion avec lui, “pour que le monde ait la vie, Sa VIE”.

Amen.

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