En ce dimanche 18 janvier 2026, au cœur de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, notre église Saint-Pierre de Chaillot devient, une fois de plus, le lieu visible d’un mystère qui nous dépasse et nous rassemble : l’universalité de l’Église.
Française, italienne, hispanophone, philippine : nos communautés, diverses par les langues, les cultures et les sensibilités, se retrouvent autour d’un même Seigneur, d’une même Parole et d’une même table eucharistique. Cette Messe des Nations n’est pas d’abord un événement folklorique ou symbolique ; elle est un acte de foi. Elle dit que l’Église n’est pas une juxtaposition de groupes, mais un seul Corps, habité par l’Esprit, envoyé au monde.
Les textes bibliques de ce dimanche éclairent profondément ce que nous vivons.
Par la voix du prophète Isaïe, Dieu nous rappelle que sa promesse ne se limite pas à un peuple ou à une frontière :
« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49,6).
L’Évangile selon saint Jean nous présente Jean le Baptiste désignant Jésus comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Devant lui, les différences s’effacent, car tous ont besoin de salut, et tous sont appelés à la vie. Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, salue une communauté plurielle, sanctifiée non par ses mérites, mais par la grâce reçue en Jésus Christ.
Dans un monde marqué par les conflits, les divisions, les replis identitaires, notre célébration commune est un signe prophétique. Elle affirme que la communion est possible, que l’unité n’efface pas la diversité, et que la foi chrétienne reste une force de paix et de fraternité.
Cette édition 2026 de la Messe des Nations est aussi un signe de continuité et de fidélité. Malgré les changements récents — l’arrivée de Mgr Bruno comme curé de la paroisse française, celle du père Jeff auprès de la communauté hispanophone — l’élan de communion se poursuit. Cela dit quelque chose de plus grand que nous : l’Église continue son chemin, portée par l’Esprit, au-delà des personnes et des responsabilités.
Que cette Eucharistie nous aide à redire, avec le psalmiste : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté » (Ps 39), et à nous reconnaître envoyés ensemble, comme témoins d’une espérance qui ne déçoit pas.
Bonne Messe des Nations à toutes et à tous.
Père Barly KIWEME, Cs
Recteur de la Mission Catholique Italienne de Paris
Un commentaire