Homélie du 8 février 2026

Il n’y a rien de plus important que le sel et le soleil. Voilà la conclusion d’un traité de médecine à la fin du 1er siècle. Il n’est pas étonnant que le Seigneur se serve de ces deux réalités pour transmettre son message.

La force spirituelle du monde tient par ce que vous lui apporterez comme le sel et le soleil sont leur force corporelle. Oui, la santé spirituelle du monde tient par votre force du soleil et de sel. Et le Seigneur emploie ces deux images très fortes, pleines de sens pour nous, assez faciles à comprendre

L’une pour exprimer l’enfouissement, mais au milieu de la pâte du monde qui donne de la saveur et l’autre pour éclairer en extérieur, pour illuminer ceux avec lesquels nous vivons. Ce sont deux révélateurs, le sel et le soleil et les deux sont nécessaires et voilà notre vocation qui est ainsi marquée, qui est ainsi donnée par le Christ.

Alors regardons un petit peu plus près le ciel, nous comprenons bien, c’est un fameux symbole. Le sel c’est ce qui d’abord purifie. Le sel autrefois, on s’en servait pour garder et purifier la nourriture. La nourriture qui est salée se garde plus longtemps et le chrétien a ce rôle dans le monde qui, au milieu des hommes, au milieu des idées nombreuses qui traversent le monde, a ce rôle de ne pas accepter de compromis, de révéler aux hommes le bien et le mal de purifier aussi l’inconscience, ce rôle de purification.

Nous accueillons la purification de Dieu pour nous-mêmes dans sa miséricorde, mais nous avons aussi, dans notre monde, non pas en écrasant le monde, non pas en nous faisant les professeurs et en donnant des leçons, mais par notre vie, à rappeler où est la lumière où est le bien où est le vrai, où est le beau

Et puis le sel bien sûr est ce qui donne de la saveur, qui est et qui donne du goût dans un monde qui est souvent blasé, dans un monde qui ne sait plus très bien où il va, qui perd le sens du bien commun, qui perd le sens des choses, de la beauté des choses, eh bien le chrétien va régler, par sa présence, ce qui est important, ce qui est bon, ce qui est grand.

Le Seigneur te dit : Vous êtes le sel de la terre. C’est-à-dire que c’est une reconnaissance. Il ne dit pas, j’aimerais bien que vous soyez le sel de la terre. Vous l’êtes, vous l’êtes, par votre baptême, vous l’êtes parce que je vis en vous. Je suis celui qui donne sens. Je suis celui qui donne de la saveur. Je suis celui qui donne la purification. Oui, vous êtes le sel de la terre.

Voilà notre mission et j’aime beaucoup cette parole de Paul Claudel qui dit: l’Évangile c’est du sel et trop souvent vous en avez du sucre. C’est-à-dire que vous êtes des chrétiens un peu caméléons. Vous vous fondez dans la masse sans que rien ne ressorte d’original. Le sel perd de sa saveur, il perd de son originalité.

Le chrétien n’est pas chargé de conduire Le Christ au monde, mais il est chargé de conduire le monde au Christ. Nous sommes chargés de conduire le monde au Christ. On n’est pas chargé d’adapter plus exactement le Christ au monde, mais on est chargé d’adapter le monde au Christ. Voilà notre mission. Voilà notre mission et ce que révèle le Christ par ses paroles très fortes. Et nous sommes appelés ainsi à retrouver cette vocation profonde.

Il y a l’autre symbole aussi et très fort, celui de la lumière et de même que le Christ a dit vous êtes le sel il dit vous êtes la lumière. Vous l’êtes par votre baptême. Lors de ce baptême nous a été donné cette lumière que nous portons et qui illumine notre route. Alors non pas des chrétiens qui ont peur, mais des chrétiens qui sont bien dans leur vocation, osent parler, osent dire, des chrétiens qui assument ce qu’ils ont reçu du Christ, non pas leur propre lumière, mais la lumière du Christ qui vit en eux. Voilà notre mission.

Cette parole du prêtre Guy Gilbert, vous savez le prêtre des loubards qui disait : il faut, quand on vous voit vivre, on ne puisse pas penser que Dieu n’existe pas. Votre sel, votre lumière doit renvoyer à la source, doit renvoyer à celui qui est le sel de la terre, à celui qui est la lumière du monde. Et vous en êtes les relais.

Que le Seigneur nous donne cette capacité d’être lumière aussi. Tantôt un phare qui éclaire de loin comme les phares éclairent la côte pour que l’on évite les écueils, les rochers, un phare qui éclaire le monde. Les chrétiens ont ce rôle-là et nous voyons, comme le Saint-Père, les différents papes ont encore une parole forte, morale à travers le monde entier. Ils sont entendus, même s’ils ne sont pas écoutés.

Et nous une torche dans la nuit, on va auprès de nos contemporains en éclairant là où ils vont mettre le pas en éclairant ceux qui peinent, ceux qui cherchent leur route. Nous avons ce rôle pour que les hommes puissent découvrir celui qui est de la lumière par nous.

Mes amis, frères et sœurs qui allez recevoir le sacrement des malades dans un instant. Vous êtes appelés aussi à vivre de ce sel et de cette lumière. Ce sel et cette lumière, le Seigneur vous les donne pour vous-même pour éclairer l’état de votre vie de souffrance, de dépendance, de maladies que vous vivez aujourd’hui pour comprendre que ce que vous vivez est une communion à son offrande à sa vie. Et vous mettre en communion par ce sacrement davantage avec sa croix et sa résurrection en vous donnant la paix, en vous donnant la confiance, en vous donnant l’espérance, mais vous êtes aussi sa lumière du monde parce qu’au milieu de notre assemblée et au milieu de l’église, vous rappelez que le Seigneur agit dans la faiblesse humaine. Le Seigneur agit dans votre pauvreté, le Seigneur agit dans votre dépendance. Et vous ranimez l’espérance du corps entier de l’église, de notre assemblée qui est témoin ce matin de votre démarche. Merci aussi d’être parmi nous. Merci d’être lumière du monde, celle de notre assemblée, lumière de notre assemblée, vous répondez bien ainsi à votre vocation de baptême. Frères et sœurs en accueillant chacun cette vocation, cet appel du Seigneur, en reprenant conscience de ce que nous sommes par cette nouvelle naissance du baptême, Seigneur des lumières, puissions-nous en priant pour nos frères qui vont recevoir ce matin cette onction des malades retrouver la saveur d’être chrétiens, la joie d’être chrétiens et accueillir la lumière du Christ pour la transmettre autour de nous. Être dignes de Celui qui nous appelle sans cesse à collaborer à sa mission.

Amen.

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