En ce temps de Carême, l’Église nous guide vers le désert, un espace de rencontre avec Dieu. Au cœur de ce désert, un puits s’élève, et près de ce puits, il y a une femme. La Samaritaine de Sykar, c’est chacun d’entre nous, qui venons chaque jour puiser à des sources parfois épuisées.
Le Carême est un chemin de quarante jours durant lequel Jésus, fatigué par son voyage, s’assoit à nos côtés. Il a soif, non seulement d’eau, mais de notre cœur. Il nous attend, comme il attendait la Samaritaine, à l’heure brûlante de nos combats et de nos lassitudes.
« Donne-moi à boire. » En cette période de conversion, le Seigneur nous demande une offrande simple : notre temps, notre écoute et notre vérité. La Samaritaine ne cache rien ; elle dialogue, questionne et reconnaît ses attentes. Jésus, peu à peu, la conduit de l’eau du puits à l’eau vive. Ce chemin de Carême consiste à abandonner nos soifs superficielles pour découvrir en nous une source jaillissante, celle qui mène à la vie éternelle.
Cette femme nous enseigne également que le Carême n’est pas un repli sur soi. Une fois qu’elle a reconnu le Messie, elle laisse sa cruche et s’élance pour partager la bonne nouvelle. En pleine préparation pascale, elle devient apôtre auprès des siens.
Alors, en ces jours où nous sommes appelés au jeûne, à la prière et au partage, regardons cette Samaritaine. Comme elle, nous portons des fardeaux, des histoires et peut-être des rejets. Comme elle, nous sommes en quête d’une eau qui désaltère vraiment. Comme elle, nous pouvons devenir des témoins.
Le Carême avec la Samaritaine, c’est passer de la soif du corps à la soif de Dieu. C’est accepter que Jésus scrute notre vie sans jugement. C’est devenir, à notre tour, source pour ceux qui croisent notre chemin.
« Je le suis, moi qui te parle. » Aujourd’hui, cette parole du Christ nous interpelle. En ce temps de grâce, laissez cette parole transformer votre fatigue en fécondité. Le monde n’attend pas des femmes parfaites, mais des femmes assoiffées de Dieu qui osent déclarer : « Venez voir, il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Puisez à la source et partagez cette eau vive avec les autres.
Père Athanase Nimpagaritse
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