Très souvent, nous voyons Jésus prendre des libertés vis-à-vis de la Loi dans l’évangile. Par exemple : il opère des guérisons le jour du sabbat ; il n’oblige pas ses disciples à faire les ablutions rituelles avant le repas ; il fréquente les gens impurs et se laisse même toucher par eux. Mais voilà qu’il nous dit : « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir… ». Et il est radical : « pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra… » (Cf. Mt 5, 17-37).
Jésus est venu pour accomplir la Loi. Soit ! Mais comment ? La Bible hébraïque – et d’autres textes sacrés comme le Coran – présente la miséricorde (et donc l’amour) comme le plus important des attributs divins. Jésus l’annonce, l’incarne et le recommande à ses disciples. Voilà comment il accomplit la Loi : par amour, il s’est livré… L’amour, c’est la Loi prise au mot. L’amour interprète fidèlement la Loi de Dieu.
Seul l’amour est digne de foi. Non seulement l’observance de la Loi ne sert à rien sans l’amour, mais aussi la foi en Dieu est tout aussi vaine si elle ne s’incarne pas dans l’amour du prochain : « tout être est sauvé parce qu’il tente d’aimer son prochain… et non [seulement] parce qu’il accomplit son devoir, récite ses prières, veille à se mettre en règle » (Frédéric le Noir). L’Evangile n’est pas sont pas si radicale que ça ; il suffit d’aimer !
En plaçant l’amour au-dessus de tout, le Christ ne nous invite-t-il pas à une conversion, à un changement de logique ? Ne nous invite-t-il pas à abandonner la logique de la pensée sacrificielle, celle du don mutuel, du donnant-donnant : je donne quelque chose à Dieu (l’observance de la Loi), en échange, il m’apporte le salut ? N’est-ce pas une invitation à accueillir le salut comme don gratuit de Dieu et non pas comme fruit de nos efforts ?
Père Basile TEGAMBA
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