Homélie de la nuit de Noël

Mes amis, quelle nuit ! Quelle fête magnifique qui nous réjouit ! Fête, qui quelque soit notre âge nous fait du bien ! Dans notre monde, dans votre vie, laissez la paix, la sérénité, la lumière, la joie de Noël entrer dans vos cœurs, éclairer cette nuit.

Qui que vous soyez, habitués ou non de l’Eglise, vous avez votre place ici, près de la crèche, comme les bergers, comme les mages dans quelques jours.

Qui que nous soyons, le Seigneur vient pour nous, vient pour vous. Nous sommes heureux de fêter Noël,  mais peut-être pas tous. Il y a ceux qui sont seuls, ceux qui vivent une souffrance, qui sont endeuillés, ceux qui vivent des tensions familiales, des disputes, des fractures. Il y a tellement de foyers de guerre dans notre monde, il y a des hommes et des femmes qui meurent, nous prions avec eux et pour eux. N’oublions pas notre chère Terre Sainte.

Et pourtant la paix en cette nuit enveloppe la terre. Je voudrais vous laisser trois petits messages qui peuvent éclairer votre chemin, en cette nuit de Noël.

Premier message : Le véritable sens de Noël, c’est de donner au Christ une place dans notre vie.

 On pense souvent que Noël, dans notre monde, est une fête qui a perdu son sens. Beaucoup de matérialisme, beaucoup de consommation, de grands repas qui n’en finissent pas. Ce n’est pas cela le problème de Noël ! Parfois, c’est un peu excessif bien-sûr, mais ce n’est pas si mal de se donner des cadeaux, si l’on n’en oublie pas le sens, même à ceux que l’on ne connaît pas. Ce n’est pas mal de faire de bons repas, Jésus en a fait ! Mais ce n’est pas cela, la difficulté de Noël !

Le vrai problème de Noël, c’est lorsqu’il n’y a plus de place dans notre cœur pour Jésus ! C’est ce qui s’est passé à Bethléem.

Le problème de Noël, c’est quand les portes de notre auberge, de notre cœur,  sont fermées. “ Pas chez moi ce soir, pas chez moi, demain non plus !” Notre cœur n’est peut-être pas rutilant, ce n’est pas un hôtel cinq étoiles, mais ce n’est pas cela que veut le Christ. Dans notre coeur, cela sent peut-être mauvais, il y a de la paille, comme dans la crèche de Bethléem. Il y a des détritus dans notre coeur, dans notre vie, mais je dois pouvoir dire quand même à cette sainte Famille, à Jésus qui frappe à ma porte : “ venez, vous êtes chez moi chez vous, et mon coeur, c’est chez vous. Ma vie n’est pas formidable, il y des infidélités, mais il y a de la place pour vous.”

En ce temps de Noël, souhaitons de pouvoir ouvrir notre étable, les portes de notre cœur, de faire un pas de plus par rapport aux années précédentes !

Si nous entrons dans cette fête de Noël,  dans cet esprit-là, frères et sœurs, alors nous ne passerons pas à côté du vrai sens de Noël. Qui que vous soyez, le Christ frappe à votre porte aujourd’hui, ce soir.

Laissons une place dans notre vie à celui qui vient : le Christ qui veut nous rencontrer, là où nous en sommes, et tels que nous sommes.

Le vrai Noël il est là, puissiez-vous sortir de cette église, avec cette idée d’ouvrir la porte de votre cœur. Ne nous trompons pas de sens, c’est ainsi que la joie, la paix, la lumière pourront rayonner, et se partager entre nous. Cette communion que nous cherchons tant dans un monde difficile est là !

Deuxième message, très fort : Dieu se présente à nous comme un nouveau-né

 Le premier visage que Dieu donne de lui-même lorsqu’il apparaît aux hommes, c’est celui d’un bébé. Et cela est inouï. Ce n’est pas un empereur, un roi dominant, ce n’est pas quelqu’un qui veut gouverner le monde, c’est un bébé, pauvre, dépendant entre les mains de ses parents, quémandant l’amour et donnant l’amour. Pourquoi Dieu apparaît-il sous le visage d’un nouveau-né ? Pour que nous n’ayons jamais peur de lui. Un bébé inspire la joie, la paix.  Ce message a une importance capitale : c’est le message donné par les anges de Bethléem : “Ne craignez pas !” Combien de fois, Jésus dira à ses disciples : “Ne craignez pas, n’ayez pas peur, c’est moi !” Dieu vient cette nuit  pour que nous n’ayons jamais peur de lui. Noël, c’est la fête de cette confiance, de cette douceur, de cette proximité, de ce visage qui nous fait ouvrir notre coeur. Nous ouvrons les portes de notre crèche intérieure lorsque nous sommes en confiance, et Dieu vient en nous.  Ce soir, j’espère que les barrières qui nous séparent de Dieu, du visage du Christ tomberont et que vous accueillerez cette présence de Dieu qui se manifeste dans la tendresse, dans la douceur, dans la petitesse, dans la fragilité et dans la dépendance. Voilà Notre Dieu ! Tout est dit ! Bien-sûr, nous savons qu’il y a après, la croix, il y a Pâques, mais tout est présent déjà.

Troisième message : Noël c’est aujourd’hui !

 Ce n’est pas seulement il y a deux mille ans ! C’est aujourd’hui ! Voyez nos crèches, avec ses multiples personnages, ce sont ceux d’il y a deux mille ans, mais c’est nous aussi. Nous pouvons nous retrouver dans les bergers, dans les rois mages, dans  l’âne, dans le bœuf, dans le mouton, dans Marie, dans Joseph. Noël c’est maintenant ! Laissez-vous émerveiller lorsque vous regarderez la crèche, d’un peu plus près, pendant ces jours, ici ou ailleurs. Quand vous regarderez et vous laisserez saisir, qu’il y ait de l’émerveillement et de la gratitude dans votre cœur, parce que vous n’êtes jamais seuls.

Rentrez dans cette attitude d’émerveillement et de gratitude en ce Noël 2025.

Noël, c’est la crèche de notre cœur, c’est notre vie lorsque nous accueillons le Christ qui frappe à la porte.

Noël, c’est la messe lorsque nous allons communier et que nous l’accueillons. C’est cette présence de Dieu aujourd’hui, pour me sauver, pour me guider, pour m’aimer, pour me faire tenir debout aujourd’hui.

Ce message est immense, frères et sœurs, laissons-nous toucher encore un peu plus. Nous avons besoin de réentendre pendant vingt, trente, quarante, quatre-vingt ans ce message si fort, inouï.  Qui aurait pu inventer cela ? Qui aurait pu inventer cet amour, ce visage, cette proximité de Dieu ? Recevons-le dans l’émerveillement ! Laissez-vous bousculer car c’est un amour exigeant !

Aujourd’hui accueillons cette force, cette grâce, nous sommes aimés et notre vie est belle !

Recevons, frères et sœurs, notre vocation en nous  émerveillant, demandons au Seigneur de retrouver le vrai sens de Noël qui est d’ouvrir notre porte à sa présence.

Béni sois-tu Seigneur de nous conduire ainsi. Rejoins chacun d’entre nous, quel  qu’il soit,  là où  il en est et comme il est,  car tu l’aimes et tu le sauves.

Amen.

 

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