Homélie du dimanche 23 novembre 2025

Frères et soeurs,

Beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui dans le monde pensent qu’il y a une présence au-delà de notre vie sur la terre. Certains l’appellent même Dieu. Mais entre la figure du Christ que nous fêtons aujourd’hui, Roi de l’univers, Vrai Dieu, Vrai Homme,  et  ce que pensent beaucoup de nos contemporains, il y a souvent un grand écart, un grand abîme. Oui, cette figure du Christ, telle que nous la vénérons, dans l’Eglise, dans le christianisme, a peut-être été maltraitée au long des siècles, par les chrétiens même à certains moments qui ne croient plus. Peut-être aussi par le visage que nous donnons dans notre propre vie, nous les chrétiens. Et l’Eglise, à travers l’histoire, interroge beaucoup, déçoit beaucoup. Et certains à cause de cela ont pris de la distance. Mais surtout beaucoup se demandent comment le Christ peut-il être le Sauveur du monde entier ? Des bouddhistes, des musulmans, des juifs, des animistes.

Comment le christianisme est-il un chemin par lequel nous connaissons Dieu de manière unique ? Et pourtant, l’apôtre saint Pierre, dans une de ses lettres l’affirme :

il n’y a pas sous le ciel d’autre chemin que le Christ Jésus pour être sauvé.

Il n’y a pas d’autre chemin. Et c’est celui que nous découvrons au long des dimanches et des fêtes liturgiques et qui comme un sommet aujourd’hui vient récapituler toute notre foi en Lui que nous vénérons avec ce titre de Roi de l’univers.

Alors, frères et sœurs, trois points dans la réflexion d’aujourd’hui.

Demandons-nous, tout d’abord, qui est le Christ pour nous ?

Est-il pour nous une personne admirable ? Ou est-il vraiment, Celui qui est  vraiment Dieu et vraiment Homme. Le christianisme est-il  pour nous ce chemin  unique pour accéder à la vérité de Dieu, à cause de la parole que lui-même a prononcée : “ Je suis le chemin, la vérité et la vie.”

Alors, en le vénérant aujourd’hui,  avec ce passage de l’Évangile à la fin de sa vie, en le vénérant comme roi dont le trône est la croix, où il est bafoué, où  il est mis à défi, où il  est moqué, cela vient d’une manière très étonnante réajuster notre conception de la royauté  de Dieu qui n’a de sens finalement que dans le don d’amour qu’il nous fait.

Dieu est roi parce qu’il donne sa vie par amour. Et cela réajuste aussi beaucoup la manière dont nous exerçons le pouvoir sur la terre, cela interroge notre manière d’exercer nos responsabilités quelles qu’elles soient dans le monde. Nos responsabilités n’ont de déploiement, n’ont de beauté, de profondeur et de vérité que si elles sont  exercées dans le service des autres et dans le  don de nous-mêmes.

Nous voulons tellement tenir nos vies, nous voulons tellement dans ce que nous avons comme responsabilités familiales, professionnelles, civiques, mondaines, ecclésiales, tenir les choses, exercer un pouvoir sur les autres. Le Christ nous dit que c’est de la folie, il nous dit qu’une vie réussie est une vie où l’on donne quelque chose de soi-même.

Interrogeons-nous, frères et sœurs, que donnons-nous de nous-mêmes ?  Comment nous donnons-nous, dans les vies que nous menons, dans les professions que nous exerçons, dans les vocations qui sont les nôtres. Notre vie,- et le Christ met cela aujourd’hui en avant dans cette fête du Christ Roi – notre vie n’a de sens et n’est pleine de vérité et de beauté que lorsque nous nous donnons. Quel que soit notre âge, quelle que soit notre manière de vivre, notre vie n’est belle que dans le don de soi.

Accueillons cela en nous donnant et en ajustant notre vie dans ce sens, comment aimons-nous, en donnant notre vie. Lui-même a cette phrase magnifique,

il y a pas de plus grand amour, que de donner sa vie pour  celui qu’on aime.

Deuxième point : Mise au défi de Dieu ou confiance en Lui?

 C’est à partir de ce dialogue qu’il y a au dernier moment de la vie de Jésus entre ces trois personnes, Jésus au centre et les deux larrons.  Jésus est mis au défi. “Si tu es le Fils de Dieu”, dit le mauvais larron. “Si tu es le Fils de Dieu”, rappelez-vous au début de l’Evangile, c’est l’interpellation de Satan lui-même, au désert ! “Si tu es le Fils de Dieu, convertis ces pierres en pains, … si tu es le fils de Dieu, jette-toi en bas”… Cette interpellation est une mise à défi reprise ici  par le  mauvais larron. Tandis que l’autre entre au contraire, avec l’ouverture du cœur dans une reconnaissance de ce qu’est le Christ, dans la confiance qui va probablement jusque dans la demande d’amour : “Jésus souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume.”

“Si tu es le Fils de Dieu.” Mes amis, cela nous concerne aussi parfois dans notre quotidien. Ne nous arrive-t-il pas d’interpeller Dieu de la même façon? “Si tu es vraiment Dieu….” Voire même “si Tu  existes…” Ou encore : “Si tu es le Sauveur de tous, fais ceci, fais cela.”

Sommes-nous dans le défi, ou sommes-nous dans la confiance et dans l’amour ? Comme le larron ou comme le premier saint canonisé par Jésus lui-même, le bon larron.

Posons-nous cette question, au moment où nous regardons le Christ sur la Croix. Comment nous adressons-nous à Lui ? Comment l’interpellons-nous dans notre journée ? Comment prions-nous ?

Troisième point : la tentation du “Sauve-toi, toi-même”

Dans l’évangile tout au long de ce passage, par trois fois, ceux qui sont autour de Lui, le

mauvais larron, mais aussi les soldats qui sont au pied de la Croix, lui disent : “Sauve- toi toi-même !

“Sauve-toi, toi-même.” Mes amis, c’est la tentation la plus radicale que nous pouvons rencontrer. “Tu n’as pas besoin de Dieu ! Sauve-toi, tu es capable de te sauver et de sauver ta vie toi-même. C’est une manière radicale de mettre à l’écart Celui qui est le Sauveur. C’est exclure la force, la grâce, la présence de Dieu dans l’existence. Nombre d’hommes, de femmes aujourd’hui ne comptent que sur eux pour se sauver eux-mêmes.

“Sauve-toi toi-même.”

Mes amis, bien sûr, Dieu nous confie notre existence. Mais nous savons que nous ne pouvons rien sans la grâce. Nous ne pouvons rien, s’il n’est le Sauveur. Et nous ne pouvons mener notre existence que s’Il nous donne  la force, la grâce, la lumière.

J’aime beaucoup cette parole d’un spirituel, mystique du 18e siècle : “Agis, comme si Dieu n’existait pas, mais prie, comme si Dieu est le tout de ta vie.” C’est-à-dire : “retrousse tes manches, en sachant que Dieu est à l’origine de tout, et que le Seigneur te donne le salut, l’amour, la vie.”

Oui, frères et sœurs, par ces questionnements, aujourd’hui récapitulant le cœur de notre foi chrétienne dans cette fête du Christ Roi, demandons de progresser dans notre attachement au Christ.

Finalement la question qui nous est posée est :

Qui est le Christ ? Pourquoi êtes-vous chrétien ?

Considérez-vous que c’est la voie royale pour connaître  Dieu, ou un chemin parmi d’autres ? Comment approfondissez-vous votre christianisme de semaine en semaine ?  Comment mettez-vous le Christ au centre de votre journée?

Vous adressez-vous à Lui ? Lui confiez-vous votre vie ? Croyez-vous qu’il est le Salut pour vous, et pour tous les hommes.

Seigneur Jésus Sauveur du monde, Seigneur Jésus Roi de l’univers, Roi de nos vies, de nos cœurs, de nos familles,et de nos sociétés aussi ;  même si nos sociétés l’ignorent.

Seigneur viens éclairer, de ta présence, chacune de nos existences, donne-nous Ta grâce, la force pour que nous menions nos existences dans la vérité de l’amour et le don de nous-mêmes, tel que Tu nous en montres le chemin.

Amen

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.