Homélie du mercredi des Cendres 2026

Mes amis, un carême réussi est un carême commencé. Et nous sommes là pour le commencer ensemble. C’est maintenant le temps de la conversion, le temps du chemin derrière la croix de Jésus. C’est maintenant, comme nous l’a dit saint Paul, “le temps favorable.” Alors ensemble, nombreux ce matin, nous nous mettons en route avec l’Église entière pour  fortifier notre foi, pour garder au cœur  l’espérance, pour convertir notre vie, en étant davantage disciples du Christ. En route, pour vivre selon le chemin qu’il nous propose, qui est toujours un chemin de bonheur.

Le Carême n’est pas triste, c’est le péché qui est triste. Et c’est de ce péché qu’il faut pouvoir s’éloigner, pendant ce temps favorable. Alors deux pistes simplement au début de ce carême.

 Première piste : n’ayez jamais peur de votre péché.

N’ayez jamais peur de votre péché. Le Carême est là pour le regarder en face et pour le démasquer. Et en le démasquant, il a presque déjà disparu. Le péché nous conduit à l’enfermement, à la tristesse. Le carême va nous aider, comme ces cendres froides qui vont être mises sur notre front dans quelques instants à voir derrière le feu, les braises qui peuvent être rallumées, à  laisser mourir ce qui est moche, ce qui est cassé, ce qui est abîmé en nous,  à condition de le reconnaître. Si l’on est dans le déni, c’est que alors on passe à côté. Le carême, c’est le temps du péché reconnu, offert et pardonné.  Jésus, bien sûr, lui-même nous aidera et va nous aider pendant ces dimanches de carême, ces jours de carême, à éclairer notre coeur, éclairer notre conscience, pour démasquer le mal, le  tentateur et entrer dans un vrai combat comme nous le demandions dans la prière d’entrée.

Deuxième piste : n’ayez jamais de collusion avec le péché.

 N’ayez jamais de collusion avec le péché. N’ayons jamais de complicité avec le péché.

Et c’est là notre chemin de combat. C’est là notre chemin de Carême. Ce sont là, les trois pistes traditionnelles appuyées sur la Parole de Jésus que nous propose l’Église à vivre pendant ce Carême. Prière, pénitence et partage. Trois pistes qui regroupent tellement de choses.  Tellement de propositions vous sont faites, vous saurez bien choisir quelque chose,  vous saurez bien choisir un point ou un autre pour gagner cette vie du Christ, l’accueillir et vous convertir.

Trois petits conseils, pour ce choix et pour cette  conversion.

  • Choisissez des efforts raisonnables, vivables. Ne choisissez pas des choses que vous abandonnerez dans trois jours. Prenez des choses à votre portée, dont vous avez besoin : une chose spirituelle, une chose qui touche peut-être à la charité, deux ou  trois choses, pas plus.
  • Deuxième chose, un petit conseil : renoncez chaque jour à un plaisir. Une petite chose offerte, à laquelle je renonce par amour, pour ne pas oublier le chemin que je vis, une toute petite chose. Je ne reprends pas de dessert, je fais attention à saluer mes collègues de travail, j’arrête un jugement qui monte dans mon cœur, je ne fume pas en sortant de mon travail….Chacun choisit quelque chose en renonçant avec le Christ au désert à un point.
  • Dernier petit conseil sur les pistes de carême : coupez les distractions. Enracinez-vous dans le réel. Nous sommes tellement dans notre vie au quotidien, dans ce qui  nous fait fuir. Pas besoin de vous faire de dessins ! Les écrans, les réseaux sont des lieux de combat. Certains choisissent de couper tout pendant quarante jours. Ayez cela au cœur, coupez les distractions, et plongez dans le réel, c’est-à-dire dans la charité. Dans le fait d’avoir une conversation avec vos voisins, dans le fait de tisser des liens avec eux,  mais aussi dans le réel de la prière, chacun trouvera quelque chose pour avancer. C’est notre chemin et c’est un combat. Le Christ nous prévient. La prière de la liturgie nous prévient. C’est un combat spirituel, contre nous-mêmes, contre  le Satan, le démon, le diviseur dont  nous  entendrons parler en ce premier dimanche de Carême que le Christ a affronté dans ces trois tentations symboliques qui  résument  toutes nos tentations et nous sommes déjà pris dans cette victoire. Ce combat, il faut, avec lui, le traverser. Si vous êtes là aujourd’hui, c’est parce que vous le voulez.

Alors, frères et sœurs, vraiment  le carême n’est pas triste. Ayons au cœur que c’est le péché qui est triste. Accueillons cette grâce d’avancer avec le Christ. N’oubliez jamais : n’ayez pas peur de votre péché, n’ayez pas peur de le regarder en face , n’ayez pas de collusion, ni de complicité avec lui.

Je vous souhaite un très beau carême. Ensemble, parce que même si nous ne nous voyons pas tous les jours, nous sommes liés par cette communion des saints, qui fait que nous sommes plus forts. Si vous êtes venus aujourd’hui partager cette prière commune pour recevoir des cendres au début de ce carême,  c’est que nous avons besoin d’être forts pour former le corps du Christ. Ce corps du Christ que nous formons, disciples du Christ, nous donne la possibilité de vivre ce chemin avec sérieux et avec espérance.

Nous nous portons, nous nous  édifions les uns les autres.

Béni sois-tu Seigneur de nous donner ce chemin, ce chemin de ressourcement. Avançons sur ce chemin sur lequel on va se remuscler intérieurement pour mieux suivre le Christ, pour mieux l’aimer et pour mieux aimer nos frères.

Amen

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