Homélie, Epiphanie 2026

Frères et sœurs, en ce début d’année nous nous souhaitons beaucoup de vœux : beaucoup de bonnes choses les uns pour les autres. C’est bien, c’est convivial et fraternel ! Mais j’avoue que ces grandes résolutions et décisions que nous voulons prendre pour une année, je n’y crois pas beaucoup. Ces décisions que l’on prend le 31 décembre, que l’on tient le 1er janvier et que le 2 janvier, on a déjà oubliées. Résolutions du genre,  je mangerai cinq fruits et légumes par jour, je ne regarderai pas les écrans plus de quatre heures par jour, je lirai la Bible tous les jours !  C’est pas mal d’avoir des résolutions, mais gardons cela  peut être de manière plus précise pour le carême, pour un moment de conversion profonde.

Tous ces vœux sont bons à condition  qu’ils soient accompagnés pour nous chrétiens, par la foi, l’espérance et la charité.

Aujourd’hui, jour de l’Épiphanie, regardons plutôt ce que nous proposent les mages, en cinq temps.  Ce chemin, qui est le leur, est bien souvent notre chemin. C’est notre route aussi vers Celui que nous voulons suivre, que nous voulons connaître.

Que font les mages ? Ils se lèvent, ils suivent l’étoile, ils adorent, ils donnent et repartent.

Les mages se lèvent

Ils se lèvent, ils partent, ils quittent leur pays. Dans toute la Bible, nous voyons ces gens se lever à l’appel de Dieu depuis Abraham jusqu’aux apôtres en passant par les mages. Ils quittent, ils partent, ils font confiance.

Ils se mettent en route : mes amis, c’est ce que nous avons à faire ! Chaque semaine, chaque jour, nous devons nous lever, nous mettre en route, décider de partir mais cela veut dire quitter souvent ce qui nous est assez cher, pour  suivre Celui qui nous est révélé comme le meilleur. Se lever, partir, être en route, marcher. Les mages, comme dit le grand saint Jean Chrysostome, ne sont pas mis en route parce qu’ils avaient vu l’étoile, mais ils ont vu l’étoile parce qu’ils se sont mis en route. C’est en marchant, c’est en nous levant que nous découvrons la vérité des choses, que nous est donnée cette lumière pour savoir plus profondément où nous allons, ce que nous avons à faire.  Le premier souhait, avec les mages, c’est de ne pas être des chrétiens “ dans un fauteuil”, comme disait le pape François, mais des chrétiens qui savent marcher. Jour après jour, nous est donnée la force d’accomplir le pas nécessaire  pour progresser dans notre route vers le Christ, avec le Christ.

Les mages suivent l’Étoile

Et le chrétien est celui qui suit aussi l’Étoile. Tant de voix nous proposent des routes particulières qui souvent nous éloignent de ce qui est beau, grand, vrai, juste. Tant de voix qui sont conformistes de notre temps, le politiquement correct, le socialement correct et qui nous détournent de l’essentiel. Ne perdons pas de vue Celui que nous devons suivre, l’étoile pour nous, c’est le Christ Jésus. Cette étoile bien sûr, qui est le Christ Jésus, nous l’accueillons chaque dimanche, en particulier dans la Parole qui est notre boussole – que l’Évangile soit de plus en plus votre boussole – dans les sacrements, dans la prière. Cette étoile, cette lumière qui éclaire notre route, elle est  pour tous. Aujourd’hui c’est la manifestation à toutes les nations. Cette étoile  brille pour nous et nous en sommes les reflets pour tout notre monde. Notre monde  sera touché par nos comportements. La foi se répand par contagion, par attraction, disait souvent le pape Benoît XVI. Nous avons reçu cette lumière, notre responsabilité et notre rôle sont grands dans ce monde. Nous suivons l’Étoile, pour communiquer cette lumière qui nous est donnée, n’oubliez jamais, “vous êtes la lumière du monde.”

 Les mages se prosternent, ils adorent.

C’est l’appel à la reconnaissance et à la prière. Frères et sœurs, que ce soit dans l’église, que ce soit dans les temps d’adoration qui vous sont proposés, que ce soit dans votre maison, prenez ce temps d’adoration du Seigneur, de l’intimité avec le Seigneur, prenez le temps de l’intériorité. L’homme est beau, l’homme est grand quand il sait se mettre à genoux, à genoux devant Dieu. Le disciple du Christ  ne se met pas  à genoux devant les puissances, des compromissions, mais à genoux devant Dieu seul. À genoux devant Dieu, debout devant les hommes. Et nous sommes appelés à entrer ainsi dans cette reconnaissance du Christ, “Vrai Dieu, vrai homme.”

Les mages donnent

Ils donnent de l’or, de l’encens, de la myrrhe. Vous connaissez la signification spirituelle de ces cadeaux très symboliques. L’or pour le roi qu’il est vraiment, l’encens pour le Dieu qu’il est vraiment et la myrrhe qui embaumait les morts pour l’homme qu’il est vraiment. C’est tout un message.

Et nous, qu’avons-nous à donner ? Quel est votre or, quel est votre encens, quelle est votre myrrhe ? Chacun le sait, dans le plus profond de son cœur. La plupart du temps, nous n’avons pas grand chose à donner sinon notre temps. Donnons de notre temps. Prenons sur ce qui nous est très cher, si précieux dans des vies où nous courons après le temps. Donnons un peu de notre temps, dans la prière, en nous mettant à genoux, prenons du temps pour Dieu. Mais donnons aussi du temps pour les autres. Nous pouvons le faire, tout le monde a du temps.

L’autre chose que nous pouvons donner et à laquelle nous tenons par-dessus tout, c’est notre péché. C’est ce péché qui  nous colle à la peau, qui nous empoisonne, qui revient sans cesse, ce péché qui est en nous comme un abcès.  Cela je peux le déposer, le donner au Christ, le déposer devant la crèche, sans cesse revenir le déposer au pied de la croix. Ce petit enfant qui sera l’homme de la Croix, notre Sauveur est venu pour cela : pour nous défaire de ce qui est notre péché et accueillir notre misère et notre pauvreté. Sans cesse revenons à lui pour accueillir cette miséricorde qui nous remet debout et nous permet d’avancer, de nous lever, de repartir ! Ne désespérons jamais, frères et sœurs.

Les mages repartent par un autre chemin.

Nous avons aussi sans cesse à reprendre d’autres chemins. C’est en fait la définition de la conversion. Partir dans  une autre direction. Les mages voulaient éviter le piège d’Hérode, nous voulons éviter le piège du mal, du péché. La conversion nous invite à repartir par un autre chemin, à changer notre itinéraire, lorsque nous nous apercevons qu’une route est mauvaise. Ce chemin à prendre, c’est le chemin de la lumière, de l’étoile qui nous guide. Oui ! Repartons de nos messes du dimanche avec un cœur qui désire changer sur un point ou un autre. Puissent nos messes, nos rassemblements dominicaux, festifs changer notre coeur. On ne peut pas croire au Christ sans que cela change quelque chose dans notre vie. Puissent nos célébrations communes, la liturgie nous aider à repartir par un autre chemin,  à arracher de notre cœur ce qui nous empêche de choisir la bonne route.

 

Alors, frères et sœurs, en nous mettant à la suite des mages, dans la lumière de l’étoile en mettant nos pas dans leurs pas, puissions-nous nous réjouir profondément d’être chrétiens. Nous réjouir profondément de cette foi, de cette joie, de cette espérance, de cette lumière qui nous est donnée. En portant les intentions du monde, comment ne pas être bouleversés par ce qui s’est passé en Suisse, il y a quelques jours.  C’est terrible pour ces vies non seulement pour ceux qui sont morts d’une manière atroce, et pour ceux qui restent et qui seront marqués dans toute leur existence. Comment ne pas porter cela, ne pas être questionnés par tant de mal, pourquoi ce drame, pourquoi tant de jeunes qui meurent. Ce sont les seules questions qui sont au cœur de l’homme.

Que cette lumière de l’étoile, que notre marche à la suite du Christ, que notre prosternation devant lui, que le fait de donner notre vie et de choisir sans cesse de repartir par un autre chemin pour nous convertir, nous aident à traverser les étapes,  les épreuves, s’il y en a, dans notre existence jusqu’au bonheur éternel.

Béni sois-tu Seigneur de nous montrer avec les mages le chemin de la joie. Donne-nous d’ancrer cette espérance dans notre cœur. Nous te prions les uns pour les autres : que cette année soit vraiment pour tous une année de grâce.

Amen.

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