Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus, sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir

Telle pourrait être l’affirmation de notre espérance. La mort est défaite. « Mort, s’exclame saint Paul, où est ta victoire ? (Première épître aux Corinthiens 15, 55)» Depuis que le Christ t’a renversée et vaincue tu n’exerces plus qu’en vain ton pouvoir.

Cette foi multiséculaire de l’Église en la victoire du Christ sur la mort nos contemporains ne la partagent plus. On en revient à d’anciennes considérations ou visions à propos des âmes errant après la mort, telles des ombres en des terres incertaines. Dernièrement, une romancière célèbre, interrogée sur sa conception de l’au-delà, disait préférer cette conception à la foi chrétienne. On en revient à une vision autonomiste de l’homme et du monde qui fait abstraction de la dimension de la présence créatrice et vivifiante de Dieu.

Le sécularisme constitue comme un climat dans lequel vivent de très nombreux chrétiens de notre temps. Ce n’est qu’au prix de grandes difficultés qu’ils peuvent se libérer de son influence. Aussi ne faut-il pas s’étonner que des doutes concernant l’espérance en la résurrection naissent chez certains chrétiens aussi. Fréquemment, c’est avec anxiété qu’ils regardent la mort à venir; ils sont tourmentés non seulement par la souffrance et la déchéance progressive de leur corps, mais plus encore par la peur d’une destruction définitive. À toutes les époques de l’histoire, les chrétiens ont été exposés aux tentations du doute. Mais, de nos jours, les angoisses de nombreux chrétiens semblent indiquer une faiblesse de l’espérance.

L’Evangile de ce jour nous apporte quelques informations sur la forme de la victoire du ressuscité.

  1. L’espace est aboli. Jésus est là, présent, au milieu des Apôtres.
  2. Le temps est aboli. Jésus se fait reconnaître. Il n’apparaît pas clairement aux yeux des Apôtres qui l’ont vu, hier, suspendu au bois du supplice.
  3. Il demeure homme. « C’est bien moi ! ». Il mange mais il n’en a pas besoin.
  4. Il offre à ses Apôtres et à toute l’Eglise le pouvoir de remettre les péchés, c’est-à-dire de ne pas succomber au désespoir d’une faute insurmontable et impardonnable. Si la vie est devant nous et nous appartient, alors nous appartient aussi le pouvoir de délivrer les âmes en peine de ce qui les enchaîne. Pouvoir de vie et pouvoir de pardon sont ainsi étroitement coordonnés.

Telle est notre espérance. Elle est grande. Gardons-là.

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