La fête des mères

Frères et sœurs, je voudrais aujourd’hui vous entretenir de la maternité. Je sais que je ne le fais pas sans risque et c’est pourquoi j’associe à cette prise de risque ma disponibilité à entendre, de la part de toutes les mères ici présentes, leurs observations, ou corrections à l’issue de la messe. J’entendrai mêmes leurs louanges !

Pour trois raisons je vous entretiens ce dimanche de la maternité.

La première parce que nous célébrons aujourd’hui le mystère de la Trinité qui est le mystère de Dieu qui se communique. Lorsqu’une personne est capable de donner tous ses biens pour une oeuvre sans que ses enfants  bien sûr n’y perdent on le considère comme un homme de grande générosité. Et tous le louent. S’il est grand de pouvoir donner tout son avoir, il est bien plus grand encore de pouvoir donner tout son être. Et seul Dieu le peut, car seul Il porte ce Nom au-dessus de tout Nom qui est le Nom : Amour. Mystère de la communication de soi-même. Une mère se communique à son enfant. Son enfant vit d’elle-même avant de vivre de lui.

La deuxième raison est que nous concluons une longue chaîne de prière qui a commencé le 25 mars dernier à l’intention de toutes les mamans qui ont perdu un enfant. A l’issue de cette messe, la Vierge qui s’est promenée tout au long de cette période  dans la paroisse, notre Vierge pèlerine, Notre-Dame de la Résurrection sera communiquée par une famille qui m’accueillait  hier pour prier avec eux et leurs enfants à une autre famille. Nous conclurons demain cette œuvre de prières par la fête de la  Visitation – la visite de Marie à Elisabeth sa cousine qui elle aussi dans son vieil âge, dit l’Evangile a conçu un enfant.

Enfin la troisième raison qui me conduit à parler de la maternité aujourd’hui, à me risquer à parler  de la maternité,  c’est bien sûr le fait qu’aujourd’hui nous fêtons toutes les mamans de la terre.

 

La maternité

J’évoquerai deux points, deux points caractéristiques, me semble-t-il, de la maternité. Il y en a bien d’autres bien sûr.

Dans un troisième point, je ferai une sorte de litanie, de prière à  Dieu en lui présentant toutes les  mamans et je vous  demanderai si vous le voulez bien, de vous associer à ma prière pour toutes ces femmes confrontées à des maternités difficiles.

 

La maternité est la garantie de l’unité du genre humain

​En y réfléchissant,  il me semble que la maternité  est la garantie  de l’unité du genre humain. Je suis né d’une femme. Je suis  né  d’une humanité semblable à la mienne. J’ai baigné dans cette humanité  pendant  neuf mois pour pouvoir  vivre  aujourd’hui et être ce que je suis. Et plus on va dans l’analyse et l’étude de ces premiers mois de la vie, plus on constate leur importance. Aujourd’hui les scientifiques de façon quasi unanime reconnaissent l’importance de cette vie  intra-utérine.  Notons d’ailleurs que beaucoup de mères aujourd’hui sont beaucoup plus disponibles à accompagner ses premiers instants de vie .  Avec les pères qui veillent également.

A un moment de notre histoire, où il y a un risque de fragmentation de l’unité du genre humain,  où  nous assistons à une sorte d’archipélisation de la société avec ses courants ethniques, régionaux, nationaux, raciaux, il me semble  important de pouvoir garantir cette unité du genre humain à travers la reconnaissance de la maternité. Il existe des tentations de pouvoir passer outre à cette maternité. La capacité scientifique et technique pourrait  presque aujourd’hui dispenser d’être mère. Je pense que cela serait une grave  erreur.  Peut-être  un confort, mais une grave erreur  et le risque  d’une dislocation de notre humanité.  Comment  pourrais-je me reconnaître comme un être  semblable à ma mère  si  la maternité était mise à mal.  J’ai vécu dans le lac intérieur de ma mère pendant neuf mois, elle m’a nourri de son sang.  Je viens d’elle,  elle m’a vu de loin, à  l’intérieur d’elle-même et hors d’elle-même, comme son enfant, comme une humanité égale à la sienne et venant d’elle. Le sentiment de reconnaissance à l’égard de ce don d’humanité devrait aussi conduire ceux qui se savent redevable de la maternité, d’un amour plus grand de l’humanité..

Oui la maternité est vraiment la garantie de l’unité du genre humain.

Il faudrait ici noter que cela ne fait pas le tout de l’humanité. S’il est important de noter que l’humanité  est une par sa nature, il est vrai aussi que cette humanité  doit  grandir et doit s’élever jusqu’à ce qu’elle se choisisse. Il faut donc passer de l’état de création à l’état de fraternité.  Et c’est là que le père  – et on ne peut en évoquant la maternité oublier la paternité – c’est là que le père est important. Le père est, quant à lui, la garantie de la  fraternité.  C’est à dire que si la maternité  garantit  l’unité du genre humain : – Je ne suis pas différent de ma mère- il est vrai aussi  que le père est le garant de la fraternité : – je suis non semblable à ma mère et  je dois grandir pour être un autre qu’elle. Comme l’a dit le  Pape François dans son encyclique  Fratelli Tutti, – « Tous frère »s -,  nous sommes tous appelés à devenir  frères.  Le Pape  ne fait d’ailleurs en cela que reprendre la magnifique  expression utilisée par  Jésus  dans l’évangile : ” Vous êtes tous frères et vous n’avez  qu’un seul  Père.  Vous êtes tous appelés à être  frères et vous n’avez qu’un seul Père. ”

 

La foi des mères en leur enfant

La deuxième caractéristique de la maternité, me semble-t-il, c’est la foi des mamans.  Je pense que les mamans  ont foi en leur enfant, quoi qu’il fasse, où qu’il erre,  et quels que soient  ses échecs. A l’occasion de la préparation des obsèques d’une femme que j’avais accompagnée dans sa longue maladie son fils me disait : “Elle a toujours  cru en moi, même aux moments où je flanchais dans mes études, quand cela n’allait pas,  aux moments où je faisais les pires sottises dans mon adolescence,  elle a cru en moi”. Une maman croit en son enfant. C’est si important  pour un enfant d’être porté par la foi de sa mère.

 

Prière pour toutes les mères

Je voudrais pour conclure cette homélie, vous  inviter à prier pour les mamans. 

A chaque fois que j’invoquerai la situation d’une maman, je ferai un silence et je vous demanderai de vous unir à ma prière pour elle,  pour celles que vous  connaissez et qui sont dans cette situation et de les porter vers Dieu.

C’est la raison de notre présence ici. Nous sommes ici parce que nous portons vers  Dieu  toute la création, dans notre prière et dans notre offrande, dans l’offrande à Dieu de toute la création sur l’autel de Dieu, le travail et la peine de toutes les mères.

 

Prions donc frères et sœurs

Prions pour les mères qui ont perdu un enfant (silence et prière)

Prions pour les mères qui élèvent seules leur enfant (silence et prière)

Prions pour les mères  dont les enfants se sont éloigné et les ont oubliées (silence et prière)

Prions pour les mères  d’enfants handicapés (silence et prière)

Prions pour les mères d’enfants prisonniers, incarcérés,  condamnés (silence et prière)

Prions pour les mères d’enfants devenus soldats, policiers ou gendarmes, de tous ceux qui risquent leur vie pour la défense de l’ordre public (silence et prière)

Prions pour les mères des prêtres, des religieux et religieuses  qui ne connaîtront pas de descendance  naturelle (silence et prière)

Prions  pour  les mères d’enfants adoptés (silence et prière)

Prions pour les mères  qui n’ont jamais pu, alors qu’elles le souhaitaient, avoir des enfants, et que l’on peut pour cela nommer mères (silence et prière)

Et parce que je ne peux pas toutes les citer, dans les situations propres qui sont les leurs, je conclus cette prière  en demandant à Dieu de bénir,  de garder, de chérir toutes les mères de la terre et du ciel.

Amen.

 

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