Peut-on tout donner à Dieu ?

Peut-on tout donner à Dieu ?

Jésus appela ses disciples et leur déclara : ‘Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre’.

 

Peut-on tout donner à Dieu, comme cette veuve de l’évangile ?

Jésus déclare qu’elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre, toute sa substance, pourrait-on traduire littéralement.  Elle a tout donné, même ce qu’elle n’avait pas, elle a donné son indigence.

A n’en pas douter, Jésus en regardant cette femme, en regardant le geste et la donation de cette femme, se voit lui-même. Et c’est une idée bien réconfortante que Jésus ait pu se voir en cette femme. Il est à la veille de mourir, il a fait son entrée à Jérusalem, et enseigne dans le temple. Son enseignement porte sur la stérilité, à la fois, de Jérusalem, de son temple, de son sacerdoce, de l’argent des hommes, de la science des savants.

Et voici cette femme qui s’avance, et qui donne tout. En elle, il reconnaît le don qu’il va faire, dans quelques jours de sa vie, de son âme et l’immense fécondité qui en émanera.

Jésus, comme cette veuve, donne ce qu’il a :  il donne, comme cette veuve, même ce qu’il n’a pas. Il donne sa mort. Et on le sait, nul ne possède sa mort, pas même le Christ. La veuve et lui ont tout donné, tout ce qu’ils avaient et même ce qu’ils n’avaient pas. Cette donation totale mérite évidemment que l’on s’interroge.

 

Est-il raisonnable de tout donner à Dieu ?

Si des parents décidaient, demain, de donner tous leurs biens à l’Eglise, ne serait-il pas légitime de leur dire : « vous avez quelques ayants droit, des enfants, des petits enfants et il vous revient de faire un partage équitable. »

Nous ne sommes pas, évidemment, avec la veuve et avec le Christ, dans cette situation. La veuve n’a pas de descendance, elle est seule, pauvre et misérable, sinon elle serait soutenue par ses enfants, comme le voulait la coutume.

Le Christ n’a pas de descendance, il donne tout.

 

Le don de la vie consacrée

Nous avons, parmi nous, des personnes qui ont voulu embrasser la vie consacrée, des religieux, des prêtres. Elles ont tout donné. Vous les connaissez, elles sont parmi vous. Elles ont tout donné et même ce qu’elles n’avaient pas : une descendance, un héritage, un amour pour un époux ou une épouse et tant d’autres choses encore que l’on ne connaît pas et que l’on ne connaîtra jamais.

Tandis que gronde au-dehors une rumeur légitime, on se pose la question de la légitimité du don, en parfaite liberté, que font à Dieu, des hommes et des femmes de toute leur vie, de leur âme, de leur corps, de leur histoire, et de leur liberté.

En faisant ce don complet d’elles-mêmes et d’eux-mêmes, comme l’ont fait la veuve dans le temple et Jésus sur la croix, ils font une double expérience.

La première expérience, c’est qu’à tout donner, on rencontre l’origine de tout don, Dieu lui-même.

Et l’on se rend compte, qu’en définitive, nous ne possédons rien que nous n’ayons reçu. C’est la grande affirmation de saint Paul, dans l’Epître aux Corinthiens et qui traverse toute son œuvre, et pourrait-on dire, tout l’évangile, tout le Nouveau Testament et tout l’Ancien testament. « Possèdes-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? »  (1ère lettre de saint Paul aux Corinthiens 4,7)

La deuxième expérience que nous faisons, lorsque nous osons tout donner, est la suivante : ce que nous offrons à Dieu n’est jamais perdu, jamais !

Assurément lorsque nous Lui offrons tout, Il nous offre bien plus encore, au centuple, comme Il nous l’a promis.

Un psaume le dit mieux que moi  : « Tu mets dans mon cœur, plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons » (Psaume 4, 8). Et toutes les richesses de la terre ne peuvent valoir ce que Dieu Lui-même peut nous donner de Sa main.

Nous trouvons dans les mains de Dieu, une fécondité et une puissance de vie que nulle main humaine ne peut accorder.

 

Fécondité du sacrifice de la croix

Contemplez le don du Christ sur la croix. Un pauvre corps déchiré. Une âme plus encore, écorchée, trahie, abandonnée. Et l’offrande libre et souveraine de ce corps déchiré, de cette âme lacérée à Dieu. Bien pauvre offrande en vérité.

Mais de cette pauvre offrande depuis 2000 ans, des millions de chrétiens chaque dimanche tirent leur nourriture spirituelle. Qui aurait jamais pu voir dans l’offrande si pauvre de la croix, la fécondité si riche du sacrifice offert et ce qu’elle offre au monde comme ressource de joies, de paix, de bénédictions ?

Que le Seigneur, frères et sœurs, nous réconforte à cette idée. Oui, il est raisonnable de pouvoir tout donner à Dieu et s’il y a parmi vous des jeunes qui s’interrogent sur leur avenir – ce qui est légitime- ils peuvent positivement considérer de se donner à Dieu, de donner leur vie à Dieu. Dieu donnera à leur cœur plus de joie que « toutes les vendanges et les moissons ».

Amen.

 

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