Homélie de Mgr Dubost , dimanche de Laetare, 10 mars 2024

Frères et Sœurs,

La mi-Carême est passée. Il nous reste une vingtaine de jours pour finir de nous préparer à Pâques.

Ce temps nous est donné pour que nous soyons  vrais lorsque, lors de la Vigile pascale, nous serons appelés à renouveler les vœux de notre baptême, à renoncer au mal et à proclamer notre foi.

Pour beaucoup, le Carême est un moment approprié pour faire le point sur sa vie spirituelle : d’une  certaine manière, c’est ce à quoi nous invite la première lecture ! Mais nous n’avons pas vraiment besoin de l’auteur du livre des Chroniques pour découvrir nos indifférences, nos superficialités, nos addictions, nos manques de foi, bref nos péchés.

A la différence du Chroniqueur, il est probable que nous ne fassions pas le lien entre  les malheurs du monde et la dureté de notre cœur ! Et pourtant…

Ce temps de Carême peut être aussi, pour certains, un temps de maîtrise  d’eux-mêmes pour être capables de se donner à Dieu et aux autres.

Ils font  de petits sacrifices : ils s’arrêtent de manger du chocolat, se privent de cigarette, ne perdent plus leur temps avec leur iPhone et pensent à respecter scrupuleusement les jours d’abstinence et de jeûne !

Le Carême, pour d’autres, enfin, peut être, dans le secret de leur cœur, est le temps des grandes résolutions.  Faire le point de sa vie, faire pénitence, prendre des résolutions, tout cela est plus qu’honorable et je ne peux qu’admirer.

Mais les textes, aujourd’hui,  invitent à aller plus loin.

L’Épître aux Ephésiens dit clairement que ce n’est pas ce que nous faisons

qui peut nous apporter le bonheur et le salut, mais le don gratuit de Dieu :

Dieu nous aime tels que nous sommes, dans notre liberté, dans notre opacité, j’allais dire dans notre péché ! Il veut simplement que nous nous tournions vers Lui. Il ne compte pas sur nos mérites. Il nous aime totalement gratuitement. Sans mérite de notre part.

L’Évangile, lui aussi, insiste aussi sur cet amour gratuit de Dieu.  La seule action à laquelle  il nous invite est de contempler le Christ en croix.

Nous pouvons bien sûr voir dans la croix, le symbole du mal humain, du mal que nous commettons, mais l’Évangile nous invite à la regarder d’abord comme la manifestation de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous et pour toute l’humanité.

Il nous demande de nous convertir, c’est-à-dire de nous tourner vers Lui, de nous oublier, de ne pas chercher d’abord ce qu’il faut faire mais de  nous laisser aimer gratuitement.

De croire à cet amour gratuit !

Arrêtons de nous juger, arrêtons de nous torturer : laissons-nous aimer !

Dieu est plus grand que vos péchés, plus grand que vos faiblesses, alors tournez-vous vers Lui !

Alors, il n’y a rien à faire ?

Pour se donner bonne conscience,  pour mériter l’amour de Dieu, pour l’acheter, pour du donnant-donnant, de fait, il n’y a rien à faire.

Mais l’on peut faire quelque chose, c’est se savoir aimé  et vouloir répondre. Et pour répondre, pour remercier, pour essayer de Lui montrer notre amour, même  imparfait, tout peut être fait !

Comment remercier ce Dieu que nous ne voyons pas ?

En lui donnant du temps,  bien sûr, et en aimant les hommes et les femmes que nous voyons : se savoir aimé donne la force d’aimer à son tour, de partager et de faire des œuvres de lumière !

Je parlais tout à l’heure des résolutions, elles peuvent être la pire des choses, si elles manifestent  une sorte de prétention de gagner le ciel à la force du  poignet  ou une volonté de correspondre à l’image idéale que nous aimerions donner de nous-mêmes.

Par contre, si nous arrivons à nous laisser aimer, nous découvrirons en nous, comme les amoureux, comme les parents avec leurs enfants  parce qu’ils les aiment,  des énergies extraordinaires,nouvelles. Nous ferons des choses qu’humainement nous ne pensons pas être capables de faire. Seul l’amour nous transforme.

Celui qui se croit vraiment aimé de Dieu peut changer au-delà de ce qui humainement semble possible. Le signe qu’une résolution vient de Dieu est qu’elle s’appuie  sur ce que nous aimons et nous fait vivre.

Voilà que nous avons encore quelques jours de Carême encore devant nous.

Laissons-nous aimer !

Laissons-nous transformer par l’amour !

Laissons-nous inspirer par l’amour !

 

Ce dimanche est le dimanche de la joie !

C’est aujourd’hui dimanche à Gaza, en Ukraine, en Syrie.

Dimanche de violence …et pas seulement entre les pays en guerre.

Dimanche où dans les interstices des drames, la vie se manifeste.

Dieu veut semer la vie.

En disant à chacun d’entre nous, qu’il nous aime et qu’il est toujours possible d’aimer…

Et donc d’avoir une raison de se réjouir.

 

Monseigneur Dubost.

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