Jésus, source de paix

Homélie du Dimanche de la Divine Miséricorde

Nous voici arrivés au deuxième dimanche de Pâques. Tout au long de cette semaine de l’octave de Pâques, nous avons médité ensemble, le cœur brûlant et débordant d’allégresse et de joie, le récit des diverses apparitions du Ressuscité à ses disciples. Disciples qui ont été les témoins oculaires de sa victoire sur la mort. Malgré la diversité des témoignages (Jésus est apparu à Marie-Madeleine, aux disciples sur le rivage, aux deux disciples d’Emmaüs, …) et aussi cette résistance tout à fait compréhensible des apôtres, comme c’est le cas de Thomas l’incrédule dans l’évangile du jour, nous avons été introduits pas à pas dans l’évènement central et fondamental de notre foi : la résurrection de Jésus le Christ.

« Si le Christ ne ressuscite pas, vaine est notre foi » lit-on dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (15,17). Aujourd’hui dans l’Évangile, il est encore question d’une apparition de Jésus comme pour convaincre ses disciples qu’Il est vraiment et réellement ressuscité. Saint Jean le disciple bien-aimé nous rapporte comment Jésus est apparu à ses apôtres enfermés dans le cénacle par peur des Juifs. Les portes étaient fermées, ils avaient peur, tellement la souffrance infligée au Maître était atroce.

LE CHRIST NOTRE PAIX

Alors que tout semblait perdu, au plus profond de leur désarroi, voilà le Christ Jésus qui apparaît pour rallumer dans leur cœur la flamme de l’Espérance. Jésus apparait pour rallumer cette flamme de l’espérance qui s’était éteinte. Ses premières paroles sont des paroles d’apaisement et de consolation.

« La paix soit avec vous », le Shalom en hébreu. Ce Shalom qui était la salutation habituelle entre frères et sœurs juifs revêt dans la bouche du Ressuscité un sens nouveau et beaucoup plus profond.

Jésus est véritablement la source de la paix. « Il est notre paix », nous dit saint Paul au chapitre 2 verset 14 de l’épître aux Éphésiens. Jésus est la source de la vraie paix, car dans son humanité Il a réconcilié tous les hommes avec Dieu, par sa victoire sur le péché et sur la mort. Mais cette paix que le Christ offre à ses disciples a fleuri sur le bois de la Croix et porte encore les marques des clous dans les mains et le côté ouvert par la lance. La paix du Christ a donc été conquise par le sacrifice de sa vie.

 

PAIX ET SACRIFICE

Quelle paix voulons-nous construire pour ce qui nous concerne si nous ne consentons pas au sacrifice de nos égoïsmes et de nos ambitions démesurées pour ainsi nous ouvrir à la grâce de Dieu !

Cette paix qui tire sa source du sacrifice de la Croix est aussi l’expression parfaite d’un amour extrême qui va jusqu’au don de soi. C’est par amour pour nous que Jésus a donné sa vie sur la Croix. « Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, Lui qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1).

En ce deuxième dimanche « dimanche in albis » nous prions tout particulièrement pour les néophytes, ceux qui ont été baptisés, confirmés et qui ont fait leur première communion pendant l’aurore Pascale et parmi eux dans notre paroisse pour Marie-Lyse. En ce dimanche, où sur recommandation du saint pape Jean-Paul II depuis Pâques 2000, nous célébrons la miséricorde de Dieu, – miséricorde, de son étymologie latine misereo/avoir pitié ; cordis/ cœur – (un cœur qui a pitié, qui se penche sur nos misères), nous avons l’opportunité de rendre grâce pour cette miséricorde. Cette miséricorde comme don de la paix, la paix de Dieu et aussi comme accueil de son amour pour chacun, chacune d’entre nous.

« La miséricorde sera toujours plus grande que le péché et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne ». Ce sont les propos de sainte Faustine Kowalska, à qui Jésus est apparu lui-même, en lui recommandant cette dévotion à la divine miséricorde (cf Révélations de Jésus à sainte Faustine).

Réjouissons-nous donc de cette miséricorde de Dieu, une miséricorde qui n’a pas de limite : Dieu est toujours miséricordieux. Voici de quoi combler donc nos cœurs de joie comme les apôtres à la vue du Christ ressuscité. Saint Jean nous rapporte que « les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur ». Ce temps de Pâques nous invite à la joie du Christ ressuscité. Avec nos cœurs consolés par cette paix profonde de Dieu, nous sommes propulsés dans un dynamisme missionnaire selon les paroles de Jésus à ses disciples : « de même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Après leur avoir adressé ses paroles de paix, Jésus envoie ses disciples en mission. Pendant la célébration de la messe, un évêque nous dit au début de l’eucharistie ; « la paix soit avec vous » ; le prêtre agissant « in persona Christi capitis » nous invite aussi à cette paix « que la paix du Seigneur soit toujours avec vous » et à la fin de la messe nous sommes envoyés avec ces paroles de paix : « Allez dans la paix du Christ ».

ARTISANS DE PAIX

Nous sommes envoyés pour témoigner de cette paix, nous sommes donc envoyés pour être des artisans de paix comme l’exprime la septième béatitude :

           Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés Fils de Dieu (Mt 5,9)

L’artisan de paix pour reprendre cette belle prière attribuée à Saint-François d’Assise c’est celui qui sait mettre l’amour là où il y a la haine, le pardon là où il y a l’offense, l’union là où il y a la discorde, l’espérance là où il y a le désespoir, la joie là où il y a la tristesse. « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix » Ce sont les mots de cette très belle prière que je vous invite à dire de temps en temps.

C’est donc une invitation à aller vers les périphéries, pour emprunter l’expression du pape François pour proclamer l’Évangile, un évangile d’amour dans lequel Dieu se révèle et se donne à nous comme un Père plein de bonté, le Dieu de toute miséricorde. Jésus ressuscité nous envoie donc pour être ses témoins auprès de nos frères et soeurs pour le rendre présent partout où nous sommes. Et surtout dans cette civilisation qui a tendance à le gommer dans toutes les sphères tant publiques que privées. C’est une   mission bien ardue que nos seules forces humaines ne peuvent accomplir puisque c’est la mission de Dieu lui-même. Pour cela Jésus nous donne sa force, la force de l’Esprit Saint. « Recevez l’Esprit Saint », le protagoniste de tout élan missionnaire, « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Puissions-nous être dociles au souffle de l’Esprit, qui hier et aujourd’hui donne vie à l’Eglise, qui la construit et la régénère.

Ô Christ ressuscité, par le don de ta paix, de l’Esprit et du pardon, fortifie notre foi en ta victoire sur la mort et le péché.

Amen.

 

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