La parabole du fils prodigue

Prodigue ?

 

1 . Qui est prodigue ? 

Nombreuses sont les interprétations de cette parabole que nous aimons entendre. Je voudrais attirer votre attention sur la prodigalité, sur celui qui est prodigue dans cette parabole. Est-ce le fils ou le père ? Est-ce la parabole du fils prodigue, ou celle du père prodigue ? « Le père » me direz-vous et vous aurez raison.

Il est prodigue jusqu’à l’oubli de ce qu’il donne, puisqu’il a partagé sa fortune et qu’il la redistribue. Il est prodigue, jusqu’à rétablir son enfant parti trop loin, dans ses biens et dans son titre filial. (représenté par l’anneau qui sert à sceller les contrats et par les sandales, signe de propriété).

Je veux cependant vous faire remarquer en quoi le père est doublement prodigue. 

Non seulement il rétablit le fils cadet dans ses biens et dans sa position, mais il sauve aussi le fils aîné de sa jalousie en lui garantissant la possession de ses biens :

Tout ce qui est à moi est à toi

 

Plus fondamentalement encore le père rétablit son fils aîné dans sa relation fraternelle. Peut-être avez-vous remarqué comment le fils aîné s’adresse à son père en parlant du fils cadet. Il le présente non comme son « frère ” mais “ ton fils ”.  Il le met à distance de lui. Et le père parle à son fils aîné de son fils cadet en lui disant “ton frère que voilà était mort, il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé”. 

 

2 . Une parabole sur Dieu

Le père prodigue. Une parabole sur Dieu. Sur Dieu qui ne compte pas. Si l’on commence à compter avec Dieu, ça ne marche pas, on est perdu. Car Dieu est généreux, plus que généreux, Il est prodigue. Il se donne lui-même. Il ne donne pas simplement des biens, Il se donne lui-même car c’est cela que l’on appelle l’amour. Que serait l’amour, s’il ne se signalait que par des biens ou mêmes des dons matériels ? Il ne serait pas grand-chose.

L’amour se dit par la capacité à se communiquer soi-même, à se donner soi-même. Du temps, de la tendresse, de l’amour, de l’amitié, de l’affection… De soi, sans aucun doute. Dieu ne compte pas.

 J’ai reçu il y a quelques jours une personne qui établissait une sorte de comptabilité précise dans sa relation à Dieu. Prier un certain nombre de chapelets pour obtenir quelque chose, ça ne marche pas, parce que l’on sort du cercle de l’amour qui caractérise la relation de Dieu avec nous, ses enfants. Dieu ne compte pas ce qu’il donne, c’est lui-même, parce qu’il est innombrable, parce qu’il est Saint.

 

3. Et nous ? Sommes-nous généreux ? Sommes-nous prodigues ?

Cette générosité, cette prodigalité pourrait trouver une sorte de manifestation dans la manière dont nous accueillons ceux qui reviennent à nous. Un enfant qui est parti en camp scout. Comment l’accueillons nous à son retour ?

Dans la parabole le Père embrasse son fils. On peut ne pas être très à l’aise avec le fait de se jeter au cou de quelqu’un fût-ce un familier, de l’embrasser. Alors on peut serrer fortement les mains de celui qui revient, lui saisir les épaules. Ou encore par la parole. Répétée plusieurs fois au cours de la journée, le matin et à midi et le soir : “ comme je suis content que tu reviennes !” 

Après une longue absence, une maladie, un séjour à l’hôpital, un séjour à l’étranger comment fêter le retour d’un membre de la famille ?

Comment l’entourer d’affection ?

Par des mots, des gestes, tout dépend de la culture familiale, mais il ne faut pas manquer l’occasion de fêter le retour de celui qui revient. Il n’était pas nécessairement perdu, mais de son accueil dépend nécessairement la qualité de son retour. 

 

Chers frères et sœurs, que votre générosité se fasse inventive ! Comment accueillir une religieuse qui arrive dans une communauté , des paroissiens qui arrivent dans une nouvelle communauté paroissiale ? Souriez, dites une parole aimable, souhaitez la bienvenue, cela touche le cœur et l’âme. 

Soyez prodigues de vos paroles, de vos gestes, pour créer, pour constituer une civilisation de l’amour qui s’oppose à la civilisation de l’individualisme, du tout pour soi, dans laquelle nous entrons insensiblement et qui risque un jour ou l’autre de nous être fatale. 

Je souhaite une très belle année pastorale aux uns et aux autres et je renouvelle mes vœux de bienvenue à ceux qui nous rejoignent dans cette communauté de Saint-Pierre de Chaillot qui est une belle communauté fervente et accueillante.

 Amen.

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