La Bonne Nouvelle du salut s’adresse à tous les peuples

 

Homélie du 16 août, 20ème dimanche ordinaire : cet évangile nous montre que la Bonne Nouvelle du salut s’adresse à tous les peuples.

Le personnage principal, la femme cananéenne, n’appartient pas au peuple élu, mais est d’origine païenne. Pour nous préparer à cet évangile qui nous montre que la Bonne Nouvelle du salut s’adresse à tous les peuples, nous avons lu en 1ere lecture, un extrait du prophète Isaïe qui annonce que le Seigneur fera montre de bonté envers les étrangers qui adhéreront à sa parole et qui le serviront.

 

Cette scène de l’Evangile, Matthieu l’a décrite avec une impressionnante progression. Au cours de son ministère terrestre, Jésus à plusieurs reprises s’est rendu hors de la Palestine, dans des régions païennes. Cette fois-ci, il se retire dans la région de Tyr et de Sidon au nord de la Terre Sainte, et c’est là qu’il rencontre la femme cananéenne, qui comme il est rapporté, se mit à crier : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon » ; cri de détresse dicté par une urgente nécessité et inspiré par l’amour maternel. Cette femme a sûrement entendu parler de Jésus, de sa bonté et de sa compassion envers les malades et de ses nombreux miracles. Elle se tourne alors vers lui, avec une foi intense.

Mais alors, nous dit Matthieu, « il ne lui répondit pas un mot », une attitude bien surprenante ; un silence apparent dont parfois ou très souvent nous faisons l’expérience dans nos cris lancés vers le Seigneur, et pourtant Dieu ne fait jamais la sourde oreille à nos supplications. La suite nous confirmera bien cela.

 

Les disciples s’approchent du maître et l’invitent à faire quelque chose pour cette femme : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ». Ils n’interviennent pas par compassion pour la mère mais en raison de son dérangement, de ses cris qui les agaçaient.

Jésus explique alors la raison pour laquelle il se refuse à intervenir : cela ne fait pas partie de sa mission : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». Il est bien conscient que, durant sa vie terrestre, sa mission se limite au peuple d’Israël.

 

Malgré cette réponse, cette femme ne se laisse pas atteindre par le désespoir, elle vint se prosterner et dit à Jésus : « Seigneur, viens à mon secours ! » ; quelle ne fût pas la réponse du Christ ?  Une réponse bien dure et choquante : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens »   faisant le parallèle entre le peuple d’Israël et les étrangers.  Du mépris ? De l’intolérance ? Une sélection en ce qui concerne les destinataires de la Bonne Nouvelle ? Il y a de quoi nous surprendre ! Cette attitude du Christ nous laisse sans voix ! Cependant, en relisant les Évangiles avec attention, nous nous rendons bien compte que Jésus a toujours été contre toute forme de discrimination. La parabole du bon Samaritain, le récit du repas avec les publicains, la visite chez Zachée, la guérison du lépreux étranger, le général Syrien Naaman, l’épisode de la femme adultère, la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob… Tout cela atteste sa largeur d’esprit et sa bonté en faveur de tous, sans exception. Cette bienveillance toujours présente dans ses relations avec les gens nous convainc amplement de sa lutte contre toute forme d’exclusion !

 

Dans cet épisode, ce qui apparaît dur dans la parole de Jésus peut être accueilli comme une épreuve qu’Il impose à cette femme pour tester sa foi. Il fait mine de refuser de l’aider parce qu’elle n’est pas d’Israël, mais en réalité, la détermination et la persévérance de cette femme Lui donnent l’occasion de proclamer aux yeux de tous son émerveillement pour la grande foi de cette étrangère. « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » En effet, la prière qu’elle adresse à Jésus témoigne d’une étonnante ébauche de croyance en Dieu d’Israël : « Seigneur, fils de David. » L’humilité de cette femme et la blessure de cette épreuve ont montré qu’elle avait une vraie conscience de ce qu’est la foi. L’amour pour sa fille et sa croyance en la puissance de Dieu s’attirent irrésistiblement l’un l’autre. Ce passage de l’Evangile manifeste l’ouverture universelle de Jésus venu sauver tous les hommes et nous invite à ne pas nous laisser aller au découragement devant ce silence apparent de Dieu et à savoir persévérer dans la prière.

 

Cette ouverture de l’amour de Dieu pour tous les hommes dont fait preuve le Christ Jésus, nous la retrouvons parfaitement dans la 1ere lecture. Dieu, à travers Abraham, s’est choisi un peuple auquel il a réservé l’essentiel de ses faveurs. Cependant, de nombreux textes de l’Ancien Testament montrent clairement que cette limitation n’est pas rigide. Les privilèges du peuple élu étaient destinés, en définitive, à être partagés avec toutes les nations.

Le prophète Isaïe n’hésite pas à dire que Dieu conduira des étrangers sur la montagne sainte, c’est-à-dire sur le temple : « les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs…je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie, (…) car ma maison s’appellera ‘ Maison de prière pour tous les peuples ». Elle est bien claire la promesse de Dieu, qui est d’associer pleinement les nations au peuple élu afin de les introduire dans son intimité, car nous dit saint Paul dans la 2e lecture, « les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance ».

 

Les textes liturgiques de ce dimanche sont un appel lancé à nous tous à sortir de nos murs et à nous ouvrir à l’amour universel de tous les hommes. Nous ne pouvons pas nous enfermer dans nos perspectives étroites, car la mission de l’Eglise n’est pas de se sauver elle-même mais de sauver le monde. Nous sommes tous également invités à une ouverture d’esprit sur les innombrables exclusions que nous ne parvenons pas à intégrer, ouverture envers celles et ceux qui n’ont pas la même foi ou le même mode de vie que nous.

Demandons au Seigneur de nous donner un cœur assez ouvert et généreux, afin d’accueillir tous ceux qu’il met sur nos chemins. Et comme le P. Jacques OLLIER notre curé aime bien le dire, « soyons une Eglise ouverte et non fermée ».

Amen.

Père  Aubin Amegnikou.

 

 

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